31
de Rob Zombie (2016)
   27 Septembre 2016  

Avec cet article, Rob Zombie entre dans le cercle relativement fermé des réalisateurs ayant six films (ou plus) dans notre blog Passion Horreur. Il y rejoint des réalisateurs comme Jaume Balagueró, Darren Lynn Bouseman, Wes Craven et David Cronenberg (James Wan va y rentrer lui aussi d'ici quelques jours). Six films d'un même réalisateur permettent de critiquer non seulement les films individuellement, mais aussi l'oeuvre dans son ensemble avec des thèmes récurrents, une éventuelle progression ou, au contraire, une belle descente aux enfers. Rob Zombie est donc désormais à notre merci de blogueurs fous.

Cinq carnavaliers traversent les États-Unis à bord de leur camping-car lorsqu'ils se font kidnapper et se réveillent prisonniers et forcés de participer à un jeu de massacre dont ils sont malheureusement les victimes désignées. Parviendront-ils à survivre à la longue nuit qui les attend pour éventuellement retrouver leur liberté ? Leurs chances semblent minces.

Même si Rob Zombie a un style et un univers qui lui est propre, on peut tout de même distinguer deux périodes dans sa filmographie horrifique. Ses débuts avec La maison des 1000 morts et The Devil's Rejects et la période "Halloween" avec ses trois prochains films (nous incluons effectivement Lords of Salem à cette période car Rob Zombie a lui-même suggéré qu'il s'agit d'une préquelle métaphorique et spirituelle de ses deux Halloween). Arrive alors 31, son nouveau film d'horreur, et les fans d'horreur que nous sommes se demandent immédiatement où il se situe dans tout ça. Résultat des courses, nous nous demandons si 31 n'est pas un aveu d'impuissance du réalisateur ou en tout cas un petit film confortable et sans prise de risque.

Car 31 ressemble clairement plus à ses deux premiers films d'horreur qu'aux trois suivants, une sorte de mélange entre La maison des 1000 morts et American Nightmare, un film où les personnages sont en danger de mort pendant 12 heures et sont poursuivis pas une troupe d'allumés tous plus fous les uns que les autres. Les personnages sont haut en couleurs, qu'il s'agisse des gentils ou des méchants, la réalisation est efficace, les décors, l'éclairage et la technique irréprochable comme d'habitude chez Rob Zombie, et le niveau de gore est raisonnablement élevé. Tout cela devrait faire de 31 un plutôt bon film d'horreur, et la pastille jaune que nous lui avons remise semble d'ailleurs indiquer qu'il est tout à fait correct, mais les fans que nous sommes ont tout de même quelques doutes et quelques interrogations.

Quelle est la logique derrière 31 ? En termes de carrière, cela ressemble plus à une régression qu'à une progression pour Rob Zombie qui revient un peu aux origines. Mais il va nous falloir attendre la suite pour savoir s'il va désormais s'enliser dans ce style ou s'il a juste fait une petite pause, un petit film agréable et tranquille en "famille", avant de rebondir sur autre chose et enfin nous pondre un remake du Blob ou un projet tout beau et tout chaud directement sorti de son imagination. D'ici là 31 reçoit malgré tout une petite pastille jaune et advienne que pourra.

Arflane