The Choke
de Juan A. Mas (2006)
   17 Novembre 2006  

Comme souvent dans le cinéma d'horreur, l'occasion fait le larron. En effet, lorsqu'un réalisateur tombe sur un chalet, un grand hangar vide, un hôpital désaffecté ou une mine abandonnée, il ressent immanquablement un besoin d'y réaliser un film, avec ou sans scénario digne de ce nom !

The Choke est un groupe de rock avec le vent en poupe et on leur prédit un avenir brillant. Mais l'ambiance au sein du groupe n'est pas toujours au beau fixe et certains membres sont même sur le point de le quitter pour tenter l'aventure en solo. Le concert de ce soir risque du coup d'être leur dernier. Sauf que la soirée ne va pas se passer comme prévu et que la dissolution du groupe va être beaucoup plus sanglante.

Juan A. Mas est le réalisateur du jour qui a succombé au syndrome de l'entrepôt vide. Car The Choke nous parle d'un groupe de rock sensé jouer dans une boite de nuit située dans un entrepôt rempli d'adolescents alcoolisés. Sauf que cela aurait probablement sérieusement compliqué la réalisation du film et coûté beaucoup trop cher. Donc le scénario se débrouille pour éliminer un maximum de protagonistes, vidant les lieux de tous les spectateurs et ne laissant que les membres du groupe, le propriétaire des lieux, sa petite-amie, et un clochard hantant les lieux. Cela a clairement tendance à limiter l'action et le nombre de victimes, mais ne nous laissons pas démonter aussi facilement.

Le niveau horrifique de The Choke est malheureusement assez bas, les personnages passant beaucoup de temps à circuler dans l'entrepôt, du sous-sol jusqu'au toit et de gauche à droite, restant groupés par moment, mais préférant bien souvent s'isoler pour permettre au mystérieux tueur de les éliminer les uns après les autres. Le scénario tente bien de développer quelque peu les personnages, au travers de nombreux dialogues, afin de gagner un peu de temps et d'occuper le spectateur jusqu'à la prochaine mort soudaine. Le côté rock'n roll underground aurait pu être mieux exploité mais les moyens ont sans doute manqué pour donner vie correctement à cet univers, à moins que Juan A. Mas ait juste pris cela comme prétexte pour trucider d'irresponsables adolescents.

Quelques rebondissements supplémentaires auraient été les bienvenues pour donner un peu de rythme au récit, mais The Choke ne décolle jamais vraiment. Sans être mauvais, le film est simplement banal et reçoit donc naturellement une pastille orange.

Arflane