The Cleansing Hour
de Damien LeVeck (2019)
   16 Juillet 2020  
The Cleansing Hour sur IMDb  

À la fin de notre article consacré à Ghost in the Graveyard (18 juin 2020), nous en appelions au destin et à la chance pour tomber sur un bon film "religieux". Apparemment le destin, la chance ou les deux nous ont écoutés et ils ont décidés de mettre sur notre route The Cleansing Hour. La prochaine fois nous penserons à demander les numéros gagnants du prochain tirage Euromillions.

Max est un prêtre spécialisé dans les exorcismes et il partage ses accomplissements, sa passion et son talent avec tous ses followers lors de séances d'exorcismes diffusées en direct. Ces séances sont en fait des mises en scènes et s'appuient sur d'habiles effets spéciaux. Jusqu'au jour où l'actrice interprétant la possédée se retrouve soudainement réellement possédée et que Max et son équipe sont obligés de tenter de l'exorciser pour de vrai.

Nous espérions tomber sur un film traitant de religion de manière un peu originale et éviter un maximum les clichés et écueils que l'on croise trop souvent dans ce genre de films. The Cleansing Hour n'est pas forcément le messie tant attendu, mais il a tout de même su nous redonner quelque peu foi, et c'est déjà pas mal. Car les films d'exorcismes souffrent, probablement plus que d'autres, de règles bien précises et de passages obligés. La victime est attachée à un lit ou à une chaise. Elle parle une autre langue, insulte les prêtres et semble soudainement omnisciente. La lutte est longue et féroce, semble souvent vaine, mais le bien finit par l'emporter (jusqu'à la chute finale où l'on comprend que le démon est en fait encore présent). Difficile, dans ces conditions, de nous pondre un scénario original et rafraîchissant.

Damien LeVeck et Aaron Horwitz tentent en tout cas de le faire. The Cleansing Hour version 2019 est une extension du court-métrage que les deux hommes ont écrits et réalisés en 2016. La plupart des éléments sont déjà présents dans le court-métrage qui s'étend sur quinze petites minutes. Et tous ces éléments sont évidemment les meilleurs de l'intrigue et permettent à la première moitié du film d'être très réussie, rythmée et surprenante, mais cela ne suffit pas à en faire soudainement un long-métrage. LeVeck et Horwitz ont donc tenté de développer les personnages. Leur passé, leur vie, leur personnalité, etc. Tout en ajoutant quelques petits rebondissements évidemment. Et le duo fait un relativement bon travail. Ajoutez à cela une bonne interprétation, des effets spéciaux corrects (bien que discutables à la toute fin), et une réalisation efficace, et vous obtenez enfin un bon film d'horreur traitant de religion.

Petit bémol toutefois, car là où le début du film nous semblait s'orienter potentiellement vers une pastille verte, la deuxième moitié rentre malheureusement quelque peu dans le rang, perdant l'originalité et le rythme du début. Nous lui remettons finalement une pastille jaune, tout en précisant une nouvelle fois qu'il est très largement supérieur aux derniers films "religieux" que nous avons eu le malheur de croiser. On y retrouve tout de même toute une série de clichés, mais le traitement est meilleur et l'ensemble du casting et de l'équipe technique également. Amen.

Arflane