Le Corps et le Fouet
de Mario Bava (1963)
   27 Avril 2015  

Rassurez-vous, nous ne sommes pas coincés en 1963. Mais après La Fille qui en savait trop, nous avons décidé d'enchaîner immédiatement avec un autre film de Mario Bava, et il se trouve qu'il a lui aussi été réalisé durant cette même année 1963.

Le Corps et le Fouet nous raconte le drame familial qui va se jouer dans le château des Menliff. Kurt, le fils aîné qui avait disparu en disgrâce, revient chez lui, bien décidé à récupérer les biens qui lui reviennent de droit. Son père, son frère et les autres habitants du château ne sont pas très heureux de le revoir et la situation ne tarde d'ailleurs pas à se compliquer sérieusement lorsque Kurt est retrouvé poignardé.

Pourquoi Le Corps et le Fouet ? Si vous regardez la page Giallo de Wikipedia, vous remarquerez que ce film est deuxième dans la liste des giallos, et c'est pour cette raison que nous avons décidé de le voir. Mais maintenant que nous l'avons vu, nous remettons quelque peu en question la page Wikipedia, vu que Le Corps et le Fouet, même s'il contient bien quelques éléments qu'on peut rattacher aux giallos, se rapproche plus des films gothiques de la Hammer (la présence de Christopher Lee au générique n'étant certainement pas un hasard).

Ces quelques considérations mises de côté, penchons-nous enfin sur le film du jour. Le Corps et le Fouet met l'accent sur l'ambiance. Le château en bord de mer, les couloirs sombres, les éclairs et les histoires de fantômes, tous les éléments d'un film gothique semblent réunis ici. Mais Mario Bava va y ajouter sa touche personnelle (ou italienne), avec des éléments de whodunit. L'intrigue, de ce point de vue, colle plus à un thriller, même si des éléments surnaturels viennent s'y greffer. Qui a tué Kurt Menliff ? Chaque personnage est suspect et le spectateur est baladé de piste en piste sans qu'on lui demande réellement de se faire une opinion. Le scénario n'a de toute manière pas grande importance, tant l'ambiance prédomine.

La présence de Christopher Lee à l'écran participe grandement au rapprochement avec les films gothiques du moment. Ce qui déstabilise quelque peu le spectateur lorsque l'intrigue s'écarte des vieilles toiles d'araignées pour s'orienter vers la murder party. Ce qui était sans doute le but recherché par Mario Bava. Nous attribuons une pastille jaune au film, pour ses qualités esthétiques et l'ambiance inquiétante qui plane sur l'ensemble de l'intrigue. Par contre, nous ne classons pas le film dans les giallos.

Arflane