L'Enfant du Diable
de Peter Medak (1980)
   17 Mai 2018  

Il y a deux semaines, nous vous avions proposé quatre films "prénoms" et trois d'entre eux étaient consacrés à des enfants (Dorothy était adolescente, mais ça compte quand même). Mais il y a un enfant dont nous ne vous avons pas parlé depuis quelques temps, et cet enfant, c'est L'Enfant du Diable. Mais vous devrez attendre encore un petit peu pour avoir de ses nouvelles, car le film du jour possède un titre français absurde ne servant qu'à attirer le fan de films d'horreur. Le titre original, The Changeling, était probablement trop difficile à traduire et vu le succès de La Malédiction quatre ans plus tôt et de Amityville, la Maison du Diable en 1979, l'idée de l'appeler L'Enfant du Diable leur a probablement semblé judicieuse.

John Russell vient de perdre sa femme et sa fille dans un accident de la route et il tente petit à petit de reprendre le cours de sa vie. Il se voit offrir un poste à l'université où il va enseigner la musique et on lui trouve même une grande maison où vivre. Il y trouve rapidement l'inspiration, se remettant à composer, mais il se rend alors compte que son inspiration a une origine bien particulière et que sa grande maison n'est pas aussi vide qu'il le pensait.

À chaque fois c'est la même histoire, lorsque nous regardons un vieux film d'horreur (bientôt quarante ans, on peut commencer à dire "vieux"), nous nous retrouvons confrontés à des difficultés de jugement et de notation. Difficile de juger le film dans son époque et dans son contexte, sans tenir compte de tout ce qu'il y a eu après. Car si vous visionnez L'Enfant du Diable maintenant, vous allez avoir sous les yeux une série de scènes très classiques. La balle qui tombe dans l'escalier, les portes qui s'ouvrent ou se ferment toutes seules, la séance de spiritisme, etc. Mais en 1980, au moment de la sortie du film, tous ces éléments étaient forcément moins classiques qu'aujourd'hui.

Le rythme de L'Enfant du Diable est relativement lent, plongeant son héros dans une situation de plus en plus étrange et inconfortable et dévoilant petit à petit des indices pour faire évoluer l'intrigue et maintenir le spectateur en éveil. On découvre ainsi l'histoire de cette maison et de ses précédents occupants. Les personnages défilent, les rebondissements s'enchaînent et L'Enfant du Diable se laisse vraiment regarder avec plaisir et un réel suspense. Si nous l'avions vu et critiqué en 1980, nous lui aurions peut-être remis une pastille verte tant il tient bien la route, mais les années écoulées et quelques hésitations (autant les nôtres que celles du film) nous ont finalement fait pencher pour une grosse pastille jaune à la place.

Reste que L'Enfant du Diable (The Changeling est vraiment un bien meilleur titre) mérite d'être vu et revu, donc n'hésitez pas lorsque l'occasion se présentera.

Arflane