Errementari de Paul Urkijo Alijo (2017)    02 Décembre 2019     

Le hasard fait régulièrement bien les choses, et le film du jour le prouve une nouvelle fois. Alors que nous avons croisé un relativement médiocre I Trapped the Devil il y a deux semaines, nous avons l'opportunité aujourd'hui de croiser un autre film, très différent, qui aurait pu porter exactement le même titre. Errementari (forgeron en langue basque), est un film définitivement original et unique dans le paysage cinématographique actuel. Et deux "devil" pour le prix d'un seul ? Qui refuserait une telle offre ?

La jeune orpheline prénommée Usue pénètre dans la propriété du forgeron, un homme étrange vivant en ermite, et y trouve un enfant enfermé dans une cage. Pensant que le forgeron est un ogre, comme le prétendent les enfants de la région, Usue libère l'enfant, sans savoir qu'il s'agit en fait d'un démon que le forgeron gardait emprisonné depuis des années. Le forgeron va avoir fort à faire pour rétablir un peu d'ordre dans cette situation.

Comme le montre la pastille verte apposée à cet article, Errementari nous a semblé bien supérieur à I Trapped the Devil. Sauf qu'évidemment il n'est pas vraiment possible de comparer les deux films. Le budget de notre film du jour, sans être mirobolant, doit tout de même être sensiblement supérieur à celui dont disposait Josh Lobo. Mais là où les deux films diffèrent très largement, c'est au niveau de l'ampleur de l'histoire qu'ils nous racontent. Errementari est apparemment l'adaptation d'une vieille fable, et on y trouve des éléments très caricaturaux dignes de contes de fées. La petite orpheline, le forgeron, le diable, les villageois, le prêtre, etc. Une histoire relativement enfantine vu que son héroïne est une petite fille, mais l'ambiance est excellente, le ton léger (pas forcément pour un enfant qui prendrait tout au premier degré toutefois), et les rebondissements sont nombreux.

Ce qui fait la force d'Errementari, c'est son imagerie et son esthétique. Tous les éléments et rebondissement s'enchaînent à la perfection et font des cent minutes que dure le film un véritablement moment de plaisir et de divertissement. Nous avons hésité un instant entre une grosse pastille jaune ou une pastille verte, mais ce film est tellement singulier et différent de ce qu'on a l'habitude de voir, et il est fait avec tant de jusqu'au boutisme dans les décors, le jeu, les effets spéciaux (maquillages et autre), que nous ne pouvions décemment décider de lui donner autre chose qu'une jolie pastille verte.

Le niveau d'horreur est évidemment très bas car Errementari est un film fantastique et non pas un film d'horreur (sauf pour les plus petits qui seront potentiellement impressionnés par certains démons), ce qui a participé à notre hésitation sur le choix de la pastille. Mais étant désireux d'attirer votre attention sur ce film bien particulier, nous avons pensé que le vert était de mise. Errementari est un bon film fantastique à regarder en basque (évidemment) et nous aimerions en croiser plus régulièrement des comme ça (en basque ou non).

Arflane