Gags The Clown
de Adam Krause (2018)
   11 Mars 2020  
Gags The Clown sur IMDb  

Hier nous avons attribué une pastille verte. Aujourd’hui est un autre jour. Un jour où nous croisons la route d’un film de clown ; un film sorti dans la trainée du remake de ça bien évidemment, et qui a tenté de profiter de la vague.

La ville de Green Bay connaît des remous depuis quelques jours. Un mystérieux clown a été repéré à divers endroit, tenant des ballons noirs dans une main, et l’inquiétude et la curiosité ne cessent de grimper. Tous ne réagissent pas de la même manière à sa présence, certains le traquent pour le démasquer pendant que d’autres tentent de profiter du buzz pour s’amuser.

Gags the Clown est-il à l’origine du phénomène ou en a-t-il simplement profité ? Difficile à dire vu que les informations à notre disposition ne sont pas très précises et que nous avons décidé de ne pas enquêter outre mesure, mais le clown de ce film, qui a été aperçu dans les rues de Green Bay (une ville bien réelle des Etats-Unis), a bien provoqué de nombreuses réactions sur Internet où sa photo a été diffusée et relayée, et il a même probablement créée des vocations, poussant d’autres personnes à se déguiser en clown à leur tour pour effrayer leurs concitoyens (aux Etats-Unis mais également dans d’autre pays comme le Canada, l’Angleterre et même l’Australie). Le but initial était de créer le buzz autour de la sortie prochaine du film (le buzz est survenu en 2016 et le film est sorti en 2018), et on peut donc dire que la mission a été accomplie avec succès.

D’ailleurs l’intrigue de Gags the Clown joue justement là-dessus. Comment un événement plus ou moins anodin peut devenir viral et toucher une ville entière (et par extension un pays, un continent, une planète). Comment la police s’en inquiète, comment les médias tentent d’en faire leurs choux gras et comment le public s’en amuse ou s’en inquiète. Et l’idée n’est pas mauvaise et aurait pu donner lieu à un film plutôt réussi.

Sauf qu’Adam Krause ou/et son scénariste s’arrête bien trop tôt dans leur exploration du sujet. Ils se contentent de nous présenter quatre groupes d’individus distincts (police, presse, podcasteur et jeunes citoyens), réagissant différemment à la présence du clown. Un clown qui est d’ailleurs finalement un peu sous-exploité et qui devra faire l’effort de revenir dans une séquelle s’il espère un jour faire son entrée au panthéon des boogeyman mémorables. Art le Clown, par exemple, boogeyman du film Terrifier (article du 1 octobre 2018) est nettement plus efficace que son compère Gags.

Avec une intrigue qui tourne à vide une fois l’entrée en matière terminée et un clown décevant, vous imaginez bien que Gags the Clown ne peut prétendre à autre chose qu’une médiocre pastille orange. Notons, avant de conclure cet article, que Terrifier 2 est prévu pour 2020 et que nous nous réjouissons bien plus de voir ce film qu’une éventuelle suite de Gags the Clown.

Arflane