Goblin
de Jeffery Scott Lando (2010)
   24 Mai 2018  

Mythologies, mythes, créatures, sorcellerie et autres réjouissances ont forcément une place prépondérante dans le cinéma fantastique. Rien de tel qu'une bonne légende pour écrire un scénario de film d'horreur, et si il n'existe aucune légende qui nous inspire, pourquoi ne pas en inventer une nouvelle ? La légende de la sorcière de Hollow Glen (encore Hollow ? Cette semaine aurait définitivement pu être thématique) est à la base de notre film du jour, un objet pas encore tout à fait identifié du doux nom de Goblin.

Neil Perkins, sa fille Nikki, sa nouvelle femme Kate et leur bébé Nathan se rendent dans un coin perdu des Etats-Unis, le village Hollow Glen, pour y conclure une affaire. Manque de chance, ils s'y rendent justement le jour d'Halloween, période à laquelle la région est soumise à une vieille malédiction impliquant les bébés. Ils vont se retrouver confrontés au mystérieux gobelin de la légende.

Goblin, puisque tel est le nom de ce film d'horreur, aurait pu être un sympathique divertissement postulant fièrement pour une petite pastille jaune, si quelques efforts supplémentaires avaient été consentis au moment d'en écrire le scénario. Car les acteurs sont corrects et la réalisation raisonnable (Jeffrey Scott Lando semble pourtant s'être spécialisé dans les bonnes grosses séries Z). Les plus gros défauts résident dans les effets spéciaux de troisième zone qui ne permettent pas au gobelin d'exprimer tout son potentiel horrifique et dans le scénario qui est d'une banalité affligeante.

Tout commence avec une femme dont on tue l'enfant et qui jette alors une malédiction sur les habitants de cette communauté. Sauf que cette malédiction, incarnée par un gobelin, semblait initialement viser les enfants. Mais le gobelin va s'en prendre à tout ce qui bouge et sa capacité à repérer l'enfant qui l'intéresse est tout sauf supernaturelle. Il passe ainsi par une phase de tueur encapuchonné qui attaque la bande d'adolescents qu'il a à sa portée avant de commencer à décimer les adultes. L'enfant lui échappe encore et encore et aurait certainement pu survivre à Halloween si les personnages avaient été un peu plus patients et plus doués dans l'art de la survie en milieu hostile.

Goblin n'est finalement qu'un petit détour en forêt qui se passe mal, une poignée de personnages qui tentent de nous faire croire qu'un horrible gobelin les poursuit et cherche à les tuer. Une meilleure entrée en matière, un scénario plus travaillé et des effets spéciaux un peu plus soignés auraient très certainement suffi à l'obtention d'une pastille jaune à l'ensemble. Mais Goblin ne reçoit qu'une médiocre pastille orange ne donnant que peu envie d'explorer le reste de la filmographie de son réalisateur.

Arflane