Hollow Creek
de Guisela Moro (2016)
   21 Mai 2018  

Faute avouée à moitié pardonnée ! C'est ainsi que nous avons décidé de prendre la tentative de Guisela Moro de nous faire part de ses erreurs. Car elle aurait pu nommer son film de mille manières, mais elle a décidé d'employer le terme hollow pour nous prévenir, nous mettre en garde, nous laisser une chance de faire demi-tour. Car, vous le savez parfaitement, hollow signifie creux, vide, et tant d'honnêteté de la part de la réalisatrice est vraiment admirable.

Blake Blackman est un écrivain qui planche actuellement sur son prochain roman. Afin de trouver l'inspiration, il part vivre dans une maison isolée dans les Appalaches en compagnie de sa maitresse Angelica. Mais leur agréable séjour se transforme rapidement en cauchemar lorsqu'Angelica disparaît soudain et que la police du coin semble persuadée que Blake en est responsable.

Guisela Moro, créatrice, scénariste, réalisatrice et actrice principale du film, nous présente ici sa version bien à elle du film d'horreur, du film de fantôme et du thriller policier. Et le résultat n'est probablement pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions, et en tout cas pas à la hauteur de nos attentes de spectateurs. Les défauts de Hollow Creek sont relativement nombreux, nous ne les passerons pas tous en revue ici, mais en voici une sympathique petite sélection. Tout commence par la mise en scène peu inspirée privilégiant les gros plans et nous donnant une bonne grosse impression de téléfilm (il y a de très bons téléfilms, mais vous comprenez l'idée).

Hollow Creek commence comme un film de fantôme. On se demande si la maison est hantée ou s'il y a simplement un ou plusieurs fantômes d'enfants dans les environs. Mais l'intrigue bifurque alors dans une toute autre direction. Et nous avons la joie d'accueillir de nouveaux acteurs, incarnant notamment des policiers, qui vont gentiment plomber un film déjà boiteux avec leur terrible jeu d'acteur. L'enquête policière ne présente aucun intérêt, pas plus que les déboires de Blake Blackman avec son éditeur et les autorités. La partie qui aurait pu sembler vaguement intéressante, celle consacrée à Angelica après sa "disparition" (seuls les personnages à sa recherche baignent dans le mystère, les spectateurs savent exactement où elle se trouve) est gentiment éludée.

De mauvais acteurs, d'étranges choix scénaristiques, une mise en scène quelconque, faut-il vraiment que nous poursuivions notre passage en revue des faiblesses de Hollow Creek ? Le film n'est pas horrible, mais simplement inintéressant. Toutes les pistes scénaristiques explorées le sont à moitié, et personne ne vient sauver la situation en nous offrant quelque chose de vraiment positif. A l'exemple de Burt Reynolds, présent sur l'affiche de Hollow Creek, mais qui n'apparaît finalement que dans une ou deux scènes. L'homme fait plus peine à voir qu'autre chose, et nous aurions préféré voir un autre acteur à sa place.

Hollow Creek reçoit une pastille orange et ne devrait pas figurer sur votre liste de films à voir cette année.

Arflane