Julia
de Matthew A. Brown (2014)
   19 Février 2015  

J'ai décidé d'écrire un scénario de film dont le héros s'appellera Francis (Francis ?). Et vu que mon héros est très très charismatique et vraiment important dans le film, j'ai décidé que celui-ci aura justement pour titre Francis ! C'est toujours plus simple que de se creuser la tête pour trouver un titre percutant, original et emblématique. Vous comprenez, dès lors, pourquoi nous tenons immédiatement Julia, le film du jour, en haute estime.

Julia (celle du titre donc), assistante dans un cabinet médical, mène une vie discrète, préférant rester dans l'ombre car elle n'a pas vraiment confiance en elle. Un soir, alors qu'elle avait rendez-vous avec un homme, Julia va se faire violer et va en sortir traumatisée. Mais cet événement va également la secouer et la forcer à sortir de son cocon, changeant drastiquement le reste de sa vie.

Julia fait partie de la catégorie des "Rape and Revenge", ces films où des femmes (toujours des femmes ?) se font violées et décident de renverser la tendance en se vengeant de leurs agresseurs. Un genre dont les films sont trop souvent simplistes et très "voyeuriste" (ou exhibitionniste), se complaisant dans l'étalage de la scène de viol tout d'abord avant de nous proposer des scènes de vengeance tout aussi crue et explicites (ceux que cette description a follement excité devraient se dépêcher de revoir I Spit on your Grave de 2010). Et pour le coup, Julia, bien que n'étant pas exempt de défauts, est réellement rafraîchissant dans le genre.

Matthew A. Brown, le réalisateur et scénariste, a décidé de développer un maximum son scénario en y injectant autant de choses que possible. L'héroïne, par exemple, passe bien par les phases habituels de destruction, apitoiement, doute, rébellion, vengeance, etc, mais l'enchaînement des rebondissements est bien plus travaillé que d'habitude. D'autant plus que Julia n'est pas seule. Sa reconstruction est facilitée par une rencontre qu'elle fait et qui l'expose à une étrange société secrète (secte ?) qu'on aurait aimé découvrir un peu plus. De bonnes idées proposées par monsieur Brown, mais pas toutes bien digérées.

Pour le reste, Julia est esthétique, bien filmé, bien interprété, imparfait mais intriguant, bien au dessus des rape and revenge de base qu'on a pu voir par le passé. Il s'agit du premier long métrage de Mattthew A. Brown et il est de plutôt bon augure pour l'avenir. Encore un réalisateur à surveiller. Nous attribuons une pastille jaune à Julia et espérons que ses prochains films seront au moins aussi bons que celui-ci.

Arflane