La Malédiction
de Richard Donner (1976)
   18 Février 2015  

Cube, sujet central de la semaine dernière, a beau être un bon film, n'est probablement pas encore considéré comme un "classique" du cinéma fantastique. Du coup, histoire de vous proposer un véritable "classique", nous avons décidé de piocher dans les années 70 et avons trouvé La Malédiction. Un film d'horreur baignant dans la religion, la fin du monde et tout ce qu'on aime.

Robert Thron est un diplomate américain à Rome et sa femme Katherine sont sur le point d'être parents pour la première fois. Mais l'accouchement se passe mal et leur fils est mort-né. Un prêtre propose à Robert d'adopter un bébé justement né cette même nuit et de ne rien dire à Katherine afin de la ménager. Robert accepte et la famille déménage à Londres où il devient ambassadeur des Etats-Unis. Tout semble aller pour le mieux tout d'abord, mais d'étranges événements commencent à survenir autour du petit Damien et la vie de Robert et Katherine pourrait être menacée.

La Malédiction est sorti en 1976, soit trois années après L'Exorciste. Mais contrairement à ce qui se serait produit de nos jours, où un film à succès comme L'Exorciste aurait vu arriver un millier de copies de piètre qualité, La Malédiction baigne dans les mêmes eaux que son illustre prédécesseur, mais propose un réel contenu et s'avère être d'excellente qualité.

Avec La Malédiction vous n'aurez pas droit à une belle grosse scène d'exorcisme, même s'il y est bien question d'un enfant "possédé" ou, tout du moins, très très mal luné. Religion, croyance, malédiction, signes et prophéties, tout y est et Richard Donner parvient à nous proposer une variation du sujet parfaitement viable et se démarquant nettement du film de William Friedkin. Comme c'était généralement le cas à l'époque, le casting est composé d'acteurs confirmés de qualité, et l'interprétation ajoute donc un grand plus au film, d'autant plus que celui-ci n'est pas axé sur l'action. Le rythme est plutôt lent et inquiétant, laissant grandir petit à petit la menace représentée par ce petit enfant qu'on aimerait croire innocent et inoffensif.

L'intrigue est rondement menée et l'histoire ne faisant appelle à aucune technologie, on ne peut pas dire que le film ait particulièrement mal vieilli, au contraire. Fable éternelle de la lutte du bien contre le mal, La Malédiction a donné lieu à trois suites (1978, 1981 et 1991), à un documentaire en 2001 ainsi qu'à un remake en 2006. Autant dire que nous avons du pain sur la planche. Nous lui accordons bien volontiers une pastille verte et vous encourageons, comme toujours, à le voir ou à le revoir.

Arflane