Martyrs
de Pascal Laugier (2008)
   04 Novembre 2008  
Martyrs sur IMDb  

Au moment de plonger dans Martyrs nous étions vierges de tout à priori, d'idées préconçues et de bandes-annonces trop visionnées. Nous n'avions pas encore croisé la route de Pascal Laugier et ne savions donc pas à quoi nous attendre. D'ailleurs, quand bien même nous aurions vu son premier long-métrage de 2004, intitulé Saint Ange, nous ne pensons pas que cela nous aurait préparé au choc que nous nous apprêtions à ressentir. Car Martyrs est une bonne grosse claque qui vous prend au tripes, qui les gardes précieusement en sa possession pendant près de cent minutes intenses, et qui vous les rend après avec un sourire en coin et un regard compatissant.

Lucie a eu une enfance mouvementée. Elle a été enlevée, séquestrée et torturées avant de parvenir à s'échapper par chance. Quelques années ont passé, elle est désormais en quête de vengeance et pense avoir mis la main sur les responsables de ses souffrances et traumatismes. Anna, son amie, l'accompagne dans son voyage, et même si elle soutient Lucie, elle ne peut s'empêcher de s'interroger sur le bien-fondé de ce que celle-ci raconte. Sans le savoir, elles vont se jeter dans la gueule du loup.

"Je n'aime pas les cinéma d'horreur car je n'aime pas la violence gratuite." Et après tout pourquoi pas ? Cet argument en vaut tant d'autres ("je vois déjà bien assez d'horreur au quotidien sans m'imposer ça lorsque je regarde un film" ou "je n'ai pas beaucoup de temps à consacrer aux divertissements alors je préfère regarder des comédies ou des films plus légers"), et chacun est libre de regarder le genre de film qui lui plaît. Et il est vrai qu'avec un film comme Martyrs, la question de la violence gratuite se pose ou mérite tout du moins d'être soulevée. Car le niveau de violence atteint dans Martyrs est élevé et ne sera clairement pas du goût de tous les spectateurs. Mais est-ce bien de la violence gratuite ? L'intrigue finit par "justifier" cette violence, mais cela ne convaincra pas tout le monde.

Mais en tant qu'expérience viscérale, Martyrs est un exemple et nombreux sont les scénaristes et réalisateurs qui devraient s'en inspirer. Le film n'est pas parfait pour autant, les premières minutes sont quelque peu brouillon et peinent à mettre les éléments initiaux en place. Et la violence extrême aurait certainement pu être suggérée plus que montrée (mais le ressenti du spectateur n'aurait clairement pas été le même), tout en aboutissant à la même chute. Ce ne sont que de très légers défauts que nous ne mentionnons que pour éviter de trop encenser ses qualités.

Là où Hostel ou Saw vous arrachent des grimaces de dégoût et quelques hauts le coeur, Martyrs vous secoue, vous tourne et vous retourne au rythme des supplices infligés à l'héroïne, sans jamais vous laisser reprendre pied ou sortir la tête de l'eau. Un terrible film que nous vous conseillons de voir si vous vous en sentez l'envie ou le courage, mais qu'il vaudrait peut-être mieux éviter. À vous de juger, vous êtes grands (rappelons que le film est interdit aux moins de 18 ans) et probablement vaccinés. Nous remettons une pastille verte évidente à Martyrs et croisons les doigts pour que Pascal Laugier nous ponde un prochain long-métrage aussi intense que celui-ci.

Arflane