The Monster
de Bryan Bertino (2016)
   16 Novembre 2016  

Un film peut être particulièrement complexe, bourré de rebondissements incompréhensibles et se conclure sur un retournement de situation vous laissant perplexe pour des heures. Mais un film peut aussi être terriblement simple avec une intrigue qui va du point A au point Z sans passer par les autres lettres de l'alphabet, où les motivations des personnages sont évidentes et où aucune zone d'ombre ne subsiste à l'apparition du générique de fin. The Monster, avec son titre simple et évocateur, est un film du deuxième type. On vous promet un monstre et on vous donne un monstre !

Kathy n'est pas une mère exemplaire. Elle est alcoolique et ne s'occupe pas correctement de sa fille Lizzy. Celle-ci doit justement passer quelques temps chez son père et sa nouvelle copine, et Kathy l'y emmène en voiture. Mais le trajet ne va pas se passer comme prévu et la mère et la fille se retrouvent alors coincées sur une route isolée en pleine nuit ... mais pas tout à fait seules.

The Monster n'est pas tout à fait aussi simpliste que notre introduction le laisse entendre, le scénariste étant obligé d'ajouter un peu de contenu pour transformer ce qui n'aurait été qu'un moyen-métrage en long-métrage. Mais malgré ces quelques flashbacks, l'histoire centrale de The Monster est bien bête et méchante. Le film souffre d'ailleurs de quelques baisses de rythme pas forcément handicapantes mais bien visibles, qui auraient probablement pu être facilement évitées si le budget avait été plus conséquent (seulement 2,7 millions de dollars d'après IMDB). Mais rassurez-vous, The Monster est parfaitement viable, regardable et appréciable, ne vous en détournez pas si rapidement !

Petit budget, tournage essentiellement en extérieur, peu d'acteurs et une bête, créature, monstre sur qui presque absolument tout repose. Si la créature ne tient pas la route, le film dans son ensemble s'effondre et reçoit probablement une grosse pastille rouge. Heureusement pour nous, une grande partie du budget a probablement été injecté dans sa conception et dans sa mise en valeur, et le résultat est plutôt réussi. Les seuls moments où la magie cesse quelque peu d'opérer se situent vers la fin du film, lorsque la créature sort un peu plus de l'ombre et que la lumière met en évidences certains éléments. Mais une nouvelle fois ce n'est pas là un gros défaut et nous n'en tiendrons donc pas rigueur à Bryan Bertino et à son équipe des effets spéciaux.

The Monster est simple certes, mais l'extrême complexité d'une oeuvre n'a jamais été un gage de qualité. Ce troisième long-métrage de Bryan Bertino (deuxième horrifique) ressemble plus à un premier film qu'à un troisième (retour aux sources ? volonté de simplicité ?). Il ne serait pas étonnant que Jason Blum, qui aime la simplicité qui ne coûte pas cher, lui tombe dessus prochainement pour lui proposer le remake d'un succès des années 1950. The Monster reçoit une pastille jaune et nous espérons ne pas croiser ce monstre lors de notre prochaine promenade en forêt.

Arflane