Purgatory Road
de Mark Savage (2017)
   24 Juillet 2019  

Horreur et religion font régulièrement bon ménage... pourquoi ? Qu'y a-t-il de si fondamentalement inquiétant et effrayant dans les pratiques, traditions, et autres déviances religieuses. Sans parler des prêtres, pasteurs, exorcistes, rabbins, imams et compagnie. Nous qui pensions que les religions étaient essentiellement centrées sur l'amour, la paix et la fraternité. Notre incompréhension est totale et nous nous proposons donc de plonger au coeur d'un film traitant du sujet pour y trouver un début de réponse.

Père Vincent et son frère Michael écument les routes du Mississippi avec leur caravane transformée en confessionnal pour absoudre les pécheurs des environs. Sauf que le Père Vincent a une méthode bien à lui niveau absolution et ses brebis ont plus l'impression d'être passées par l'abattoir que par l'église.

Notre question introductive n'en était évidemment pas une, et vous savez aussi bien que nous pourquoi la religion fait peur. Il y est question de péché, d'enfer, de diable et démons, de mal, d'atroces souffrances et de quantités d'autres réjouissances du même genre. Comment ne pas en tirer quantités de films d'horreur dans ces conditions ? Et Purgatory Road en fait donc partie, nous offrant sa version du prêtre beaucoup trop zélé.

L'intrigue est particulièrement simple avec ses quelques personnages qui sillonnent les routes à la recherche d'âmes égarées. Les deux frères, leur camping-car et quelques personnages secondaires, il n'en fallait pas plus à Mark Savage pour faire un film. Et il aurait d'ailleurs pu nous livrer un plutôt bon film d'horreur s'il avait pris la peine d'étoffer quelque peu son scénario. Car passées les trente premières minutes, pratiquement tous les éléments nous ont été dévoilés, et il ne reste plus qu'à attendre la chute et la fin. Peu de vrais rebondissements viennent perturber le déroulement de l'intrigue. Purgatory Road est clairement une toute petite production et le niveau des acteurs est plutôt bon par rapport à quelques autres films fauchés qui ont tendance à s'appuyer sur des acteurs d'un amateurisme affligeant. Ici, seule Sylvia Grace Crim surjoue allègrement, mais c'est peut-être la consigne que lui a donné son réalisateur.

Un peu simpliste dans sa construction, un manque de méandres dans son déroulement, et des moyens clairement limités, Purgatory Road ne peut prétendre à mieux qu'une pastille orange. Mark Savage peut certainement faire mieux (et a surement déjà fait mieux vu que Purgatory Road n'est pas son premier long-métrage) et nous aurons donc peut-être l'occasion de recroiser sa route.

Arflane