Rabid
de Jen Soska, Sylvia Soska (2019)
   29 Avril 2020  
Rabid sur IMDb  

Les soeurs Soska, cela vous parle ? Réalisatrices de Dead Hooker in a Trunk (nous pensons l'avoir vu, mais n'en sommes plus sûrs), d'American Mary (article du 27 janvier 2013), de See No Evil 2 (article du 7 novembre 2014) et de Vendetta (que nous n'avons pas vu et ne verrons probablement jamais, mais que vous aurez peut-être envie de voir si vous êtes fan de Dean Cain), elles nous reviennent aujourd'hui avec Rabid, un remake de Rage de David Cronenberg, une plongée dans le "body horror" qui leur correspond parfaitement.

Rose travaille dans la mode et aimerait devenir designer. Mais un accident de la circulation la laisse sévèrement défigurée, ses rêves en morceaux. Désespérée, elle accepte de se soumettre à un traitement expérimental à base de cellules souches. Le résultat dépasse de loin ses espérances, mais sa beauté retrouvée lui revient avec quelques effets secondaires étranges et dérangeants. Rose n'est plus la même et cela ne va pas tarder à se voir.

Encore un remake qu'on n'attendait pas vraiment. Mais contrairement à d'autres, celui-ci fait presque sens. L'univers de Cronenberg (en tout cas du Cronenberg des débuts) correspond bien aux soeurs Soska et à leurs délires habituels. Elles ont attrapé la substance de l'original (l'histoire d'une chirurgie réparatrice partant gentiment en sucette) et l'on plongée dans une intrigue très différente collant mieux à leur sensibilité et à leurs goûts. Au lieu d'un contexte relativement champêtre (probablement dicté par un budget très serré), nous nous retrouvons en pleine ville, dans le milieu de la mode.

Un choix qui ne nous convainc pas totalement, trouvant même que les scènes concernant le travail de Rose dans le milieu de la mode sont celles qui présentent le moins d'intérêt dans Rabid, mais qui ne gâche pas suffisamment la fête pour qu'on décide de sanctionner le film avec une pastille orange. Les soeurs Soska ont décidé d'ajouter la beauté et la superficialité de l'univers de la mode (autant enfoncer une porte ouverte) aux thématiques abordées par l'intrigue, en plus de cette histoire de contamination (encore !?) déjà au centre de l'original. Reste donc l'étrange transformation de l'héroïne, ses nouvelles pulsions et besoins, et la contamination qui en découle. Les soeurs en profitent pour faire une nouvelle apparition à l'écran dans des rôles très secondaires, et pour offrir quelques caméos à des amis ou amies.

Quelques mises à mort, deux-trois rebondissements, un divertissement raisonnable et une interprétation reposant majoritairement sur les épaules de Laura Vandervoort, nous poussent à donner une toute petite pastille jaune à Rabid. Mais plus nous réfléchissons au film et à son scénario, plus nos certitudes vacillent. Nous allons donc éviter de nous étendre plus longtemps sur le sujet. Si vous aimez les films et l'univers des soeurs Soska, Rabid devrait vous plaire. Si vous êtes une ou un mordu de Cronenberg, nous ne garantissons plus rien.

Arflane