Revenge
de Coralie Fargeat (2018)
   15 Mai 2018  

Prendre sa revanche ... En voilà une drôle d'idée. Qui a besoin de se venger ? Un peuple qui aurait été victime d'un génocide ? Une épouse trompée par un mari volage ? Un pédophile quelque peu fâché après avoir été brûlé par les parents des enfants qu'il maltraitait ? Autant de scénarios possibles pour un film titré Revenge. Mais nous cherchons un peu trop loin, Revenge est "bêtement" un rape and revenge dont l'accent semble clairement mis sur la deuxième partie, celle généralement jouissive où les victimes d'un temps se transforment en bourreaux sans pitiés.

Jen pensait passer quelques jours paisibles en compagnie de son amant Richard dans sa résidence secondaire. Richard y vient chaque année avec deux amis pour s'adonner à la chasse. Et justement Stan et Dimitri arrivent un peu en avance et font la connaissance de Jen. Stan s'intéresse d'ailleurs à elle de très près, de beaucoup trop près.

Le titre semblait vendre la mèche et nous pensions donc que nous allions assister à un rape and revenge relativement classique en visionnant Revenge. Et ce n'est pas complètement faux. Pourtant, réduire Revenge à un simple rape and revenge serait beaucoup trop simpliste et nous passerions à côté des meilleurs éléments du film. Car Coralie Fargeat, si toutes les idées et les éléments de Revenge sortent de son imagination, nous propose ici un voyage dans une autre dimension, un mélange entre un film de Nicolas Winding Refn et du trio RKSS (serez-vous d'accord avec cette comparaison ?).

Après l'entrée en matière relativement convenue, Revenge entre dans sa phase intéressante, celle où Jen va sortir les crocs et renverser la vapeur. Et Coralie Fargeat, sachant qu'elle nous raconte une histoire relativement convenue, décide de le faire avec la manière. De l'humour, du style et le film n'a plus grand chose à voir avec votre rape and revenge de base. Nous parlons de NWR et de RKSS plus haut parce que Revenge a définitivement un look et un son "retro", très ancré dans les années 1980. Musique électro et couleurs fluo, de quoi ajouter une couche de nostalgie à un spectacle pourtant brutal et cru.

Revenge choque, dérange, divertit, fait rire, tend et il fait tout ça en beauté, et c'est pour toutes ces raisons que nous lui remettons une pastille verte. Il s'agit du premier long-métrage de Coralie Fargeat et nous espérons qu'elle ne s'arrêtera pas sur sa lancée, et si elle peut continuer dans le fantastique, cela nous arrangerait.

Arflane