The Rizen
de Matt Mitchell (2017)
   23 Mai 2018  

De quoi dépend la durée d'un film ? Court-métrage, moyen-métrage, long-métrage, les formats diffèrent mais seuls les longs-métrages semblent avoir un réel potentiel commercial. Il existe bien quelques émissions spécialisées dans les courts-métrages, mais elles passent généralement tard le soir ou sur des chaînes aux audiences quelque peu secondaires. Du coup, certains scénaristes et réalisateurs sont régulièrement tentés de pondre des longs-métrages qu'ils auront plus de chance de vendre et de rentabiliser. Et c'est ainsi que nous nous retrouvons parfois avec des films comme The Rizen, des films qui nous donnent envie de demander à leurs créateurs : "Pourquoi si long ?".

Quelques personnes se "réveillent" dans un entrelacs de couloirs sombres, ne se souvenant pas où ils sont, qui ils sont et ce qu'ils font là. Mais les étranges créatures qu'ils croisent suffisent à les convaincre qu'il est grand temps de trouver une sortie et de s'enfuir. Durant leur périple ils vont petit à petit se souvenir de quelques détails de leur passé, des détails qui vont petit à petit mettre en lumière leur situation.

Nos élucubrations de l'introduction ne sont évidemment basées que sur nos impressions en visionnant The Rizen. Notamment cette impression d'avoir affaire à un film qui aurait pu donner lieu à une bon court-métrage mais qui en devient long, lent et par moment ennuyeux parce qu'on a absolument cherché à en faire un long-métrage. Pourtant le film ne dure pas simplement quatre-vingt minutes, cette durée relativement minimum en dessous de laquelle un film paraît simplement louche. The Rizen dure cent minutes, ce qui semblerait indiquer que Matt Mitchell pensait avoir de la matière, des rebondissements et une intrigue suffisante pour les remplir.

Les spectateurs que nous sommes doivent pourtant lui dire, en toute franchise, qu'il n'en est rien. The Rizen contient bel et bien quelques bonnes idées et aurait pu être un film fantastique tout à fait correct. L'intrigue n'est pas très originale, ressassant une nouvelle fois les histoires de militaires et scientifiques se penchant sur les sciences occultes dans le but d'en retirer un bénéfice stratégique. Mais le budget apparemment famélique du film ne permet pas d'aborder le sujet de manière suffisamment originale, forçant les personnages à errer de longues minutes (heures ?) dans les mêmes couloirs sombres.

Matt Mitchell prévoit apparemment de réaliser une suite à The Rizen, annoncée pour 2019 et titrée The Rizen : Possession. Espérons qu'il aura accès à plus de moyens pour donner vie à son scénario et que cette suite obtiendra mieux que la pastille orange reçue par ce premier volet. Un petit film sympathique mais trop imparfait.

Arflane