Silent Night, Bloody Night
de Theodore Gershuny (1972)
   18 Décembre 2019  

Vous l'aurez remarqué, nos films de Noël de cette année 2019 ne datent pas d'hier. Les trois de la semaine sont sortis au début des années 1970, il y a presque cinquante ans ! Mais dans le lot nous trouvons une pastille jaune et une pastille verte, vous estimerez donc peut-être que le détour en vaut la peine. Aujourd'hui, pour notre troisième film, nous vous proposons un film définitivement intéressant aux titres multiples et au parcours chaotique (nous vous laissons le soin de trouver les anecdotes le concernant si cela vous intéresse) mais qui ne reçoit malheureusement qu'une pastille orange pour de trop nombreux défauts (que certains estimeront faire partie du charme de l'oeuvre).

Jeffrey Butler est bien décidé à vendre la vieille demeure familiale, transformée en asile psychiatrique, qui n'a apporté que des malheurs à sa famille. Pour conclure l'affaire, il se rend sur place et découvre rapidement que rien ne va être simple. Entre disparitions, morts, tueur en série évadé d'un asile proche et découvertes sur son passé, Jeffrey n'est pas près d'oublier ce voyage.

À peine cet article débuté et nous sentons déjà qu'il va être compliqué à écrire. Film de maison hantée ? Film de Noël ? Film de tueur fou ? Difficile de catégoriser Silent Night, Bloody Night, et même ses distributeurs ou ayants droits semblent lui avoir donné ce titre pour le rattacher aux longs-métrages qu'on peut projeter chaque année à Noël. Car oui, le film parle d'une nuit de Noël, mais la fête est tout sauf au centre des débats. Il y est donc question d'un tueur échappé d'un asile, d'une sorte de malédiction familiale, d'un homme ayant hérité d'une maison mais qui n'a aucun souvenir ni connaissance de cette famille qu'il n'a pas connue, etc. Autant de thèmes qui pourraient donner vie à un bon film d'horreur.

Sauf que voilà, Silent Night, Bloody Night est un peu brouillon dans sa narration et sa gestion des personnages, l'interprétation est très aléatoire et la réalisation inégale. Techniquement le film est de qualité très médiocre et semble daté d'il y a bien plus longtemps que 1972. Seul le flashback volontairement vieilli fait réellement bonne figure et produit l'effet escompté. Avec autant de défauts, vous imaginez bien qu'il n'a pas été difficile pour nous de lui attribuer une pastille orange. Et pourtant si ! Aussi médiocre soit-il par instants, Silent Night, Bloody Night a également un certain nombre de qualités qui faisaient pencher la balance dans l'autre sens.

Parmi celles-ci, des éléments de l'intrigue qui nous ont fait penser à Halloween voir même à Fog de John Carpenter, des prises de vue à la première personne, une ambiance inquiétante qui plane sur cette grande demeure où rôde un tueur sans merci. C'est à se demander si Carpenter a vu ce film et a lui aussi estimé que certains passages avaient un potentiel certain. Mais les quelques qualités du film sont un peu perdues au milieu d'une trame brouillonne. Silent Night, Bloody Night ne devrait pas figurer sur votre liste de films à voir le soir de Noël, mais il s'agit malgré tout d'un petit film presque culte que votre soif de connaissances cinématographiques pourrait exiger de voir. Pastille orange et encore une fois Joyeux Noël.

Arflane