Strange Blood
de Chad Michael Ward (2015)
   26 Juin 2015  

A trop nous plaindre de ne voir que de bons films, nous avons réveillé un démon maléfique (sinon c'est pas un démon) et la descente aux enfers continue. Après un From the Dark sympathique mais un peu mou du genou et un Fear Clinic aux chevilles fragiles, nous vous offrons Strange Blood, un ovni aux pieds d'argiles (et tout le reste est en papier mâché).

Henry est un scientifique (probablement un peu fou) et il pense avoir mis au point (ou ne pas être bien loin de le faire en tout cas) un remède contre tout. Sa découverte, si il parvient à la finaliser, devrait permettre de guérir le cancer, l'hépatite, la rage, la grippe, et tout le reste. Malheureusement il se blesse lors de l'une de ses expérience et se retrouve contaminé par un étrange parasite. Sa lutte pour mettre au point son remède va être un peu plus ardue que prévue.

Strange Blood aurait pu être une belle pastille rouge, mais pour cela, il aurait fallu injecter une bonne dose de folie dans le scénario pour se rapprocher d'un film à la Frank Henenlotter. Sauf que Chad Michael Ward et son scénariste ont décidé d'aborder le sujet de manière plutôt sérieuse même s'ils n'en avaient pas tout à fait les moyens. Du coup les décors sont peu nombreux, les personnages également, et le côté pseudo scientifique et la "créature" (à défaut d'un meilleur terme) de Henry, qui fait surtout de la figuration dans une sorte d'aquarium, n'ont qu'un intérêt limité.

Le problème vient surtout de la longueur du film par rapport à son contenu, et Chad Michael Ward, dont c'est le premier long métrage après une vingtaine de court métrages, a probablement sous-estimé quelque peu l'entreprise. Son scénario aurait mieux convenu à un court métrage de plus, avec ce scientifique mettant au point sa formule et de nombreuses scènes se déroulant dans son laboratoire à tourner en rond. Les intentions sont certainement bonnes, mais l'exécution est insuffisante et Strange Blood s'est transformé en film longuet, ennuyant qu'on a même eu un peu de mal à finir.

Chad Michael Ward a bien tenté d'intégrer une petite enquête policière en parallèle ainsi qu'une amourette entre le scientifique et son assistante, mais rien n'y fait, le film est mou et bien trop long. Nous attribuons tout de même une pastille orange au film et espérons que le réalisateur saura étoffer un peu ses scénarios de long-métrage à l'avenir.

Arflane