Sweet Home
de Rafa Martínez (2015)
   19 Septembre 2016  

Le monde de l'immobilier est un monde sans pitié, brutal, vorace, féroce, sauvage et évidemment particulièrement coûteux. Sweet Home est heureusement là pour nous rappeler que c'est également un monde où le taux de mortalité peut être particulièrement élevé.

Alicia, une courtière en immobilier, inspecte un immeuble quasiment désert où subsiste un dernier locataire qui, contrairement à ce que lui demandent les propriétaires de l'immeuble, n'a aucune intention de quitter les lieux. Cet immeuble vide a donné une idée à Alicia qui décide d'y emmener son petit ami Simon pour fêter son anniversaire de manière un peu originale. L'idée était bonne, mais c'était sans compter sur les hommes qui s'infiltrent ce même soir dans l'immeuble pour expliquer au dernier locataire qu'il est temps de partir.

A défaut de trouver une formidable accroche pour débuter cet article (parfois l'inspiration nous fait défaut au moment de parler de certains films qui ne sortent pas suffisamment du lot par eux-mêmes), nous allons plonger directement au coeur du sujet. Sweet Home est un film d'horreur hispano-polonais doté d'un budget restreint. Comme son titre l'indique quelque peu, il s'agit d'une sorte de "home invasion", et pratiquement toute l'intrigue se déroule dans un unique immeuble quelque part en Espagne. Un décor unique, une poignée de personnage et 80 minutes de long-métrage à remplir.

Comme en atteste la pastille jaune que le film a reçue, le résultat final est relativement satisfaisant. Loin d'être parfait, Sweet Home peine quelque peu à maintenir le rythme et l'intérêt du spectateur. Probablement conscient de la difficulté, le réalisateur Rafa Martinez en est réduit à abuser de quelques ralentis inutiles mais qui lui permettent tout de même de gagner quelques précieuses secondes. Pourtant sa mise en scène est bonne, les acteurs à la hauteur de la tâche, et certains rebondissements sont irréprochables. Il en manque toutefois quelques-uns pour que notre attention de cinéphiles exigeants ne se relâche pas.

Un léger manque d'imagination certainement imputable au manque de moyens, mais d'autres auraient probablement été en mesure de broder et d'inventer quelques petits détours supplémentaires, de quoi retarder l'inéluctable chute. Mais les intentions sont bonnes et la qualité d'ensemble est suffisante pour que nous remettions tout de même une petite pastille jaune d'encouragement à Sweet Home.

Arflane