Dernier train to Busan
de Yeon Sang-ho (2016)
   29 Septembre 2016  

La Corée du Sud est un pays de cinéma, les nombreux excellents films des deux dernières décennies sont là pour le prouver. Dernier spécimen en date, Dernier train pour Busan, nous offre la rencontre entre un troupeau de zombies déchaînés et d'un train à grande vitesse.

Seok Woo n'est pas un très bon père. Il consacre tout son temps à son travail et délaisse complètement sa famille. Du coup, sa femme l'a quitté et elle a pris leur fille avec elle. Mais c'est justement l'anniversaire de celle-ci et Woo a une petite chance de se racheter quelque peu. A moins que ce ne soit la subite apparition de zombies un peu partout en ville qui ne le force à changer quelque peu son comportement.

Autant les américains apprécient les personnages forts, malins et endurants capables de sauver le monde, autant les coréens ont un penchant pour les anti-héros souvent lâches et mal-aimés au début d'aventure. C'est une nouvelle fois le cas ici avec ce père de famille très quelconque qui va se retrouver confronté à une situation extraordinaire et obligé de hausser son niveau ou de mourir. La situation extraordinaire se trouvant être une prolifération de zombies, nous sommes immédiatement tenté de comparer Dernier train pour Busan aux autres films de zombies de ces dernières années, et World War Z nous semble être un candidat idéal.

Et c'est là qu'on constate que World War Z se prend une claque magistrale car Dernier train pour Busan fait à peu près mieux dans tous les domaines. Les personnages sont travaillées et attachants (ou haïssables), l'intrigue est simple, efficace et rondement menée par un Sang-ho Yeon en totale maîtrise de son sujet. Les effets spéciaux ne sont certes pas du même niveau que ceux de World War Z, mais si c'est pour avoir des hordes de zombies informes qui sont filmées en plan extrêmement large, l'intérêt n'est pas flagrant. Dernier train pour Busan se contente d'effets plus classiques, surtout basés sur de bons vieux maquillages, mais cela suffit largement à donner vie à des zombies vifs et agressifs.

Il nous faut tout de même signaler que Dernier train pour Busan n'est pas un pur film d'horreur, ce qui lui a d'ailleurs probablement coûté la pastille verte, l'accent est par moment fortement mis sur un côté quasi mélodramatique entre le père, la fille et quelques autres personnages, des scènes qui ne sont évidemment pas dérangeantes, mais qui nous détourne quelque peu du sombre film catastrophe que nous pensions voir. Outre ce détail, Dernier train pour Busan est une belle réussite et mérite bien une belle pastille jaune. La Corée du Sud n'a pas fini de nous proposer de bons films fantastiques et nous ne devrions pas tarder bien longtemps à vous en proposer d'autres.

Arflane