Verónica
de Paco Plaza (2017)
   02 Avril 2018  

Après une semaine consacrée à la jeune fille au fond du puit, nous prenons la route de l'Espagne dans l'espoir d'y trouver un peu de soleil et de chaleur. Mais en grands habitués de films d'horreur que nous sommes, nous savons pertinemment que les démons, fantômes et autres créatures maléfiques ont plutôt tendance à attaquer de nuit. Pour le soleil on va probablement devoir repasser.

Verónica est la fille ainée d'Ana qui passe une bonne partie de ses jours et de ses nuits dans son bar. Verónica doit donc souvent s'occuper de ses deux soeurs Lucía et Irene ainsi que de leur petit frère Antoñito. Et tout aurait pu très bien se passer si elle n'avait pas décidé de s'adonner à une petite séance de spiritisme avec une tablette ouija ! Dès lors son quotidien va se transformer en enfer et la vie de ses frères et soeurs vont être vont être en grand danger.

Paco Plaza nous revient avec un film d'horreur (enfin débarrassé de la saga Rec ?), lui qui n'a cessé d'alterner longs et courts métrages (généralement horrifiques) ces vingt dernières années. Verónica laisse de côté les zombies ou autres infectés, et se penche sur un film de hantise/possession. L'intrigue est située au début des années 1990 à Madrid et joue quelque peu la carte de la nostalgie, tellement en vogue ces derniers temps. Musiques, tenues, etc. Mais l'histoire de Verónica et de sa famille est heureusement centrale, et pas un simple prétexte à une plongée dans le passé.

Une histoire somme toute assez banale, où tout part d'une inévitable tablette ouija, avec des scènes classiques mais relativement efficaces malgré tout. Une jeune femme en danger, de plus jeunes enfants évidemment vulnérables, une inquiétante entité rôdant dans les parages, nous ne pouvons pas dire que Paco Plaza se soit lancé tête baissée dans l'inconnu. Mais les acteurs sont bons et attachants, l'ambiance sombre et pesante et la réalisation soignée. Difficile de trouver de gros défauts à Verónica, si ce n'est ce manque de risques et d'originalité au niveau du scénario. Le film reçoit une pastille jaune, mais nous aimerions vraiment que les scénaristes et réalisateurs "hispaniques" parviennent à sortir des ornières bien tracées et confortables dans lesquelles ils se prélassent depuis quelques temps. Reproche que nous avons déjà fait à Sergio G. Sánchez pour Le Secret des Marrowbone.

Reste maintenant à voir si Muse de Jaume Balagueró, lui aussi sorti en 2017 (et que nous devrions vous proposer très prochainement) saura se démarquer ou s'il souffre lui aussi du même mal.

Arflane