Vij
de Konstantin Ershov, Georgiy Kropachyov (1967)
   04 Mai 2020  
Vij sur IMDb  

L'année 1967 est la prochaine sur notre liste et nous n'allons, une nouvelle fois, pas vous proposer le film qui y figure. D'après elle, le meilleur film d'horreur de 1967 est Seule dans la Nuit de Terence Young, avec Audrey Hepburn. Film que nous avons vu et que nous avons trouvé excellent. Mais selon nous, il ne s'agit pas d'un film d'horreur. Nous poussons donc notre recherche un peu plus loin et découvrons que le deuxième meilleur film de l'année, d'après IMDB, est Le Bal des Vampires de ... Roman Polanski. N'étant toujours pas d'humeur à ajouter un autre de ses films à notre blog, nous nous tournons vers le troisième meilleur film d'horreur, et découvrons avec amusement qu'il s'agit de Vij, un film issu de l'Union Soviétique, une première pour nous.

Khoma, un jeune prêtre, est convoqué dans un village pour mener la veille du corps de la fille du chef du village. Perspective qui ne l'enchante guère vu qu'il va devoir passer trois nuits en tête à tête avec le corps avec ses prières pour seules protection. Inexpérimenté et effrayé, Khoma va passer un très sale quart d'heure.

Avant de nous lancer dans l'écriture de cette critique, nous avons pris soins de lire la page IMDB du film consacré aux anecdotes le concernant. Et nous avons appris un quelques détails (pas autant que nous aurions aimé) qui vont nous être bien utiles pour vous parler de Vij. Un film issu de l'Union Soviétique comme nous vous l'avons dit dans notre introduction, mais apparemment il s'agirait en fait du tout premier film d'horreur à avoir été produit et réalisé par l'Union Soviétique. Nous sommes d'autant plus émus et fiers de vous le proposer aujourd'hui. Vij (ou Viy) signifie "esprit du mal", vous voilà au courant.

Vij nous parle donc d'un séminaire (établissement religieux où étudient les jeunes clercs) et de ses étudiants qui manquent parfois de sérieux lorsqu'ils sont en congés. Tout commence avec Khoma et deux de ses camarades qui, rattrapés par la nuit, trouvent refuge dans la ferme d'une vieille femme pour la nuit. Nous pensions alors être partis pour une aventure de ces trois compères entre forêts, montagnes, auberges et assister à quelques étranges rencontres inquiétantes, mais absolument pas ! Khoma se retrouve très vite isolé, vit une très étrange rencontre, et rentre au séminaire la queue entre les jambes. Et c'est là que sa véritable aventure débute.

Vij est donc un film d'horreur parlant de sorcellerie, de mort et de quelques autres croyances locales. L'histoire est apparemment tirée d'une histoire populaire ukrainienne (écrite ou transcrite par Nicolas Gogol), et ses particularité et subtilité nous échappent sûrement. Mais le film que nous avons vu ne nécessite pas de telles connaissances pour en profiter. De l'humour (bien que le film ne soit pas répertorié comme étant une comédie), un personnage principal attachant, un niveau d'horreur qui a certainement fait sensation à l'époque en Union Soviétique (visuellement le film semble avoir été tourné quelques bonnes années avant 1967, mais cela est probablement dû aux moyens à disposition et aux conditions de tournage dans le pays). Vij n'est pas très long (77 minutes) et se regarde extrêmement facilement grâce à Leonid Kuravlyov (l'acteur principal) qui porte tout cela aisément sur ses solides épaules. L'horreur qu'on y trouve est désormais plus amusante qu'effrayante, mais pour peu que vous soyez capables de vous imaginer une soixantaine d'années dans le passé, cela devrait le faire. D'ailleurs, nous ne serions pas étonné que Sam Raimi ait vu Vij avant de s'atteler à son premier Evil Dead.

Vij fait parti de la liste des "1001 Movies You Must See Before You Die" de Steven Schneider, et nous pouvons donc désormais le cocher parmi ceux que nous avons vu. N'hésitez pas à y jeter un oeil si vous en avez l'occasion, et nous lui remettons une sympathique pastille jaune. 1969, nous voilà !

Arflane