Wraith
de Michael O. Sajbel (2017)
   16 Mai 2018  

La tentation est grande, et nous allons probablement craquer prochainement, de nous spécialiser dans les films d'horreurs tirés d'histoires vraies. Tout cela pour être au plus près de l'horreur et de la vérité. Afin de vous parler des vrais fantômes, des spectres hantant les caves humides et les greniers poussiéreux pleins de toiles d'araignées. Après tout nous n'avons pas vraiment besoin de tous ces films hollywoodiens, japonais, espagnols, français, islandais, mexicains (et bientôt indiens) qui viennent nous abreuver d'effets spéciaux irréalistes et aussi faux qu'historiquement inexacts. Tout repose en fait sur Wraith, un de ces films basé sur des faits réels. Saura-t-il nous convaincre de la justesse de notre envie ?

La famille Lukens habite dans une grande et vieille demeure, et alors que la famille passe par quelques remous avec la grossesse de Katie, la maison semble se réveiller elle aussi et c'est Lucy, la fille, qui en fait les frais. D'étranges événements surviennent dans sa chambre avant de prendre de l'ampleur. Les Lukens vont-il être en mesure de comprendre ce qui se passe autour d'eux ? Ou les événements surnaturels auront-ils raison de leur patience, courage et santé mentale ?

L'avenir de notre blog étant en jeu, nous n'allons pas faire durer le suspense bien longtemps. Wraith, apparemment tiré d'un fait réel, n'a pas réussi à nous convaincre de la supériorité de la vérité sur la fiction. Il s'agit d'une histoire de fantôme, ce qui remet déjà sérieusement en doute le côté "réel" de la chose, mais il s'agit surtout d'une très banale histoire de fantôme, ce qui n'arrange évidemment rien. La famille Lukens habite dans une grande maison aux portes grinçantes et aux recoins poussiéreux. Tellement poussiéreux d'ailleurs qu'on est en droit de se demander si les membres de la famille ont un jour visité la maison dans son ensemble. Le premier étage de la maison leur suffisait peut-être, et ils ont décidé que le reste de le maison attendrait.

Reste que la maison détient un certain potentiel visuel que Michael O. Sajbel aurait pu utiliser à son avantage. Mais il n'en fait malheureusement rien et son film de fantôme tombe rapidement à plat. L'homme essaye en fait de faire passer un message au travers de l'intrigue de Wraith, un message profond auquel il tient profondément et qu'il n'hésite pas à marteler maladroitement à plusieurs reprises. Tellement maladroitement que la chute du film est rapidement éventée et que le spectateur doit simplement attendre que le film se déroule devant ses yeux sans grandes surprises ni rebondissements.

Selon votre sensibilité et vos croyances, Wraith pourrait bien vous toucher ou vous déranger. Nous tentons évidemment de rester objectifs au moment de le critiquer, et lorsque nous lui remettons une pastille orange, c'est bien pour ses maigres qualités horrifiques et cinématographiques et pour rien d'autre. Signalons, en conclusion, la présence de Lance Henriksen dans le rôle d'un prêtre aveugle. Un rôle de plus dans une filmographie fleuve, et nous le retrouverons certainement prochainement dans un nouveau film fictif, basé sur du vent, et c'est très bien comme ça.

Arflane