The Wretched
de Brett Pierce, Drew T. Pierce (2019)
   14 Juillet 2020  
The Wretched sur IMDb  

Au moment où nous écrivons ces lignes (13 juin 2020 !), la pandémie du Covid-19 a pratiquement totalement disparu de nos vies. Quelques magasins font encore mine d'imposer une distanciation sociale et une certaine hygiène, mais ils suffit de se promener en ville, dans un parc ou au bord d'un lac pour voir que les gens n'en ont plus rien à faire et que tout est revenu à la "normale". Les frontières des pays s'ouvrent à nouveau et l'économie tente de rattraper le retard afin de minimiser les pertes. Et l'être humain dans tout ça ? Nous nous poserons la question plus tard. Notre exploration de l'horreur n'aura quant à elle pas été perturbée outre mesure et The Wretched s'est ainsi retrouvé sur notre route, l'air de rien.

Ben, un adolescent en crise suite à la séparation de ses parents, est envoyé vivre chez son père dans une petite ville perdue des États-Unis. Il s'y fait une nouvelle amie et apprend petit à petit à connaître ses nouveaux voisins. Une famille heureuse et sans histoires mais d'étranges événements ne tardent pas à éveiller la curiosité de Ben. Mais lorsqu'on est un adolescent et en pleine crise, il n'est pas toujours facile de convaincre son entourage qu'une mystérieuse créature est en train de faire disparaître des habitants du coin en toute impunité.

The Wretched est une nouvelle fois un de ces films où un adolescent se retrouve en mauvaise posture dans une petite ville étasunienne. Dans la lignée des Along Came the Devil 1 et 2, ou de Ghost in the Graveyard. Mais cette fois-ci, c'est fait avec suffisamment de talent à tous niveaux pour que le film soit bon, se regarde avec plaisir, et que les blogueurs que nous sommes aient eu envie de lui remettre une pastille jaune. Pourtant nombre d'éléments sont semblables dans tous ces films, et la différence entre bon et moins bon (pour ne pas dire mauvais) réside parfois dans de subtiles détails. Un montage efficace, des acteurs un brin meilleurs, un scénario mieux écrit et un réalisateur plus compétent. Lorsque la liste s'allonge autant on ne peut certes plus parler de détails, mais si tous les réalisateurs/producteurs étaient un tout petit peu plus perfectionnistes et exigeants (et ne pas penser qu'à l'argent), le nombre de mauvais films pourrait être réduit drastiquement.

L'intrigue de The Wretched n'est pourtant pas très originale, nous avons croisé le même concept à diverses reprises ces dernières années, et nous aurions donc pu nous plaindre de ce manque d'inventivité et sanctionner le film d'une pastille orange. Mais même si le fond n'est pas follement nouveau, la forme suffit à rendre cette version du film assez unique et plaisante. Vous l'aurez compris, The Wretched n'est pas le film du siècle, mais son exécution est suffisamment propre et ses acteurs suffisamment bons pour que le résultat soit jugé satisfaisant.

Les frères Pierce n'en sont qu'à leur deuxième long-métrage, après Deadheads que nous tenterons de voir prochainement, et s'ils poursuivent leur exploration de l'horreur nous serons là pour juger et critiquer leur prochain film. The Wretched reçoit donc une pastille jaune et mérite largement plus le détour qu'un des autres films du même genre cité plus tôt dans notre article.

Arflane