The Candy Witch
de Rebecca Matthews (2020)
   08 Juillet 2020  
The Candy Witch sur IMDb  

Combien de sorcières ou de fantômes errent sur notre terre ? Trop pour que nous puissions les dénombrer, les répertorier et les nommer tous, mais nous sommes obligé de féliciter l'industrie du cinéma qui tente malgré tout de faire de chaque sorcière ou de chaque fantôme le personnage central de l'un de ses films. Rarement héros, souvent bourreaux, et parfois desservis par des effets spéciaux ne rendant pas justice à leurs véritables pouvoirs, ils n'en ont pas moins un ou plusieurs films à leur nom. Car oui, les plus célèbres d'entre eux, ont droit à plusieurs films, des suites, des remakes, et même des séries télévisées. La faute aux gens comme nous qui continuent à regarder ce genre de films même lorsqu'ils valent à peine le coup d'oeil. Donc toutes nos excuses pour notre participation à cette drôle d'industrie et pour vous infliger un triste film aujourd'hui.

Reece est médium et il vient en aide à des gens confrontés à des fantômes, esprits frappeurs et autres réjouissances du même genre. Il vient justement de recevoir un appel à l'aide d'une famille apparemment confrontée à un spectre appelé Candy Witch. Un fantôme qui menace leur existence et que Reece va tout faire pour apaiser ou chasser.

Dans la fin des années 1980 ou au début des années 1990 il était extrêmement difficile de réaliser un slasher original. La faute à l'avalanche astronomique de films du genres qui sortaient à cette époque, à la suite des Halloween, Freddy et autres Vendredi 13. Dans l'univers des films de fantômes, qui eux aussi représentent une part importante de la production horrifique annuelle, il sera bientôt impossible de proposer quelque chose de nouveau (à moins que ce ne soit déjà le cas). Avec The Candy Witch, Rebecca Matthews n'a pas franchement tenté de faire dans l'originalité. Elle essaye certes de créer un personnages qui se différencie des autres de par son utilisation de friandises (les fameux candy du titre) au moment de terrasser ses victimes, sauf qu'en pratique cela n'apporte pas grand chose et semble même un peu ridicule (mais admettons).

Pour le reste, l'intrigue fait malheureusement dans le très banal. Le héros est évidemment actif sur les réseaux sociaux, la situation au sein de la famille n'est pas ce qu'elle semble être initialement et le fantôme va tout faire pour que la vérité éclate au grand jour. Le rythme du film est lent et répétitif, les scènes alternant entre des mises à mort répétitives et peu horrifiques et des scènes de dialogues n'apportant pas grand-chose. Jusqu'à la révélation finale évidemment, moment où le twist fou est censé nous estomaquer et ravir les spectateurs conquis. Mais le twist n'est pas fou, ce qui handicape quelque peu la fin de The Candy Witch.

Sans parler du jeu des acteurs qui ne décolle jamais. Jon Callaway (Reece) semble souffrir de mots de têtes du début à la fin, Abi Casson Thompson (sa petite-amie) peine à afficher une émotion, et le fantôme, interprété par Kate Lush, est le moins fantomatique des fantômes que nous ayons croisé ces dernières années. Il n'est probablement pas nécessaire de poursuivre ce triste état des lieux plus longtemps, vous aurez compris que The Candy Witch est un mauvais film de fantôme, comme Pet Graveyard (le premier film de Rebecca Matthews) était un mauvais croisement entre L'Expérience Interdite et Simetière. Pastille orange et très peu d'envie de voir l'un des treize autres films que la réalisatrice semble vouloir enchaîner dans les deux prochaines années.

Arflane