Dellamorte Dellamore de Michele Soavi (1994)    29 Octobre 2019     

Changement de siècle, changement de pays, changement d'ambiance et gros changement de style. Dellamorte Dellamore, un petit fleuron du cinéma européen de la fin du vingtième siècle, nous avait échappé jusque-là, mais c'est désormais un oubli corrigé. Réalisé par Michele Soavi et co-produit par l'Italie, la France et l'Allemagne, voici un comédie-horrifique pas comme les autres.

Francesco Dellamorte est le gardien du cimetière de Buffalora. Dans ce cimetière, les morts reviennent à la vie et c'est à Francesco de s'assurer qu'ils retournent dans leur tombe. Jusqu'au jour où il fait la connaissance d'une belle veuve éplorée et que sa conception de la vie s'en retrouve chamboulée. La vie, la mort, l'amour, autant de concepts qui se mélangent au sein de son cimetière et auxquels lui et son fidèle Gnaghi se retrouvent confrontés. Tout cela va forcément mal finir.

Dellamorte Dellamore est apparemment basé sur un roman de Tiziano Sclavi (que nous n'avons évidemment pas lu). Un roman où ces thèmes hautement philosophiques que sont la mort et l'amour se côtoient. Des thèmes qu'on retrouve tout naturellement dans le film dès son titre, mais abordé avec beaucoup d'humour voir même beaucoup d'absurdité. Le ton, l'ambiance ou la musique de Dellamorte Dellamore ne sont pas sans rappeler Braindead de Peter Jackson (sorti en 1992, deux ans plus tôt, coïncidence ?). Dans les deux cas nous avons affaire à une comédie-horrifique n'hésitant pas à en faire beaucoup et à nous proposer des personnages bien caricaturaux placés dans des situations absurdes.

Et tout cela dans un cimetière, endroit horrifique par excellence qui ne manque évidemment pas de cadavres, vieux ou nouveaux, pour succomber encore et encore lors de situations plus ou moins rocambolesques. Il n'est pas certain que vous ressortiez de ce film plus instruit sur la vie, l'amour et la mort, mais vous aurez quasiment à coup sûr été diverti efficacement. Si nous avions découvert Dellamorte Dellamore au moment de sa sortie, en 1994, il serait peut-être devenu culte pour nous et nous lui aurions alors remis une pastille verte au moment de l'inclure à notre blog. Mais vu que nous ne le découvrons que maintenant, et qu'il nous semble qu'une certaine influence de Braindead sur la forme n'est pas à exclure, nous nous contentons finalement d'une pastille jaune.

Mais le film vaut clairement le détour, ne serait-ce que pour voir Rupert Everett dans un rôle aussi inhabituel, et si, comme nous, vous ne l'avez encore jamais vu, ajoutez-le à votre liste de films à voir avant fin 2020 !

Arflane