Ghost in the Graveyard
de Charlie Comparretto (2019)
   18 Juin 2020  
Ghost in the Graveyard sur IMDb  

Il y a quelques jours nous vous parlions de Along Came the Devil 1 et 2, et nous aurions attendu quelque peu si nous avions su que nous vous parlerions de Ghost in the Graveyard aujourd'hui. Nous aurions du coup pu vous faire une semaine thématique avec les trois films. Quel en aurait été le thème ? Religion à la sauce américaine ? Les trois films (nous devrions peut-être dire les deux films tant Along Came the Devil 1 et 2 semblent avoir été écrits et réalisés en une fois) partagent en tout cas une certaine approche du cinéma et abordent des thèmes extrêmement semblables.

Sally Sullivan revient vivre avec son père et son frère après quelques mois d'absence. Ses anciens camarades de classes l'accueillent plus ou moins chaleureusement et la vie tente de reprendre son cours. Mais c'était compter sans le destin qui semble vouloir s'acharner sur Sally et sa famille.

Quel rapport avec le fantôme du cimetière du titre ? Difficile à dire même après avoir vu le film. Ghost in the Graveyard commence bien par nous parler d'un groupe d'enfants jouant au sein d'un cimetière et d'un dramatique accident survenant ce jour là. Et même si la suite de l'intrigue y fait encore régulièrement référence, la causalité n'est pas follement évidente et le film aurait très bien pu s'appeler autrement sans que cela ne nous choque. Mais nous ne sommes pas ici pour débattre de l'à-propos de ce titre ou d'un millier d'autres, nous avons déjà trop souvent râlé à ce sujet dans nos articles.

Parlons plutôt des défauts de Ghost in the Graveyard qui nous ont poussés à lui remettre une pastille orange. Nous parlons de "religion à la sauce américaine" dans notre intro car c'est exactement ce à quoi nous fait penser ce film. Il semble avoir été écrit par un croyant persuadé qu'il suffit de jeter quatre idées sur le papier pour écrire un scénario de film. Prendre quelques acteurs, leur écrire de mauvais dialogues, les filmer en pointant la caméra sur eux et coller toutes ces images bout à bout en prenant soin d'y déverser quelques bondieuseries. À moins que Charlie Comparetto, producteur, réalisateur et scénariste, n'ait simplement regardé Le Da Vinci Code un soir et se soit dit : "je vais refaire ce film à ma sauce, tout le monde n'y verra que du feu".

L'intrigue du film est bâclée, abordant des thèmes ou nous présentant des situations qui disparaissent ensuite sans laisser de trace. Il a certainement été difficile pour les acteurs de s'y retrouver et de se concentrer sur l'interprétation de personnages aussi creux. Cela expliquerait pourquoi leur prestation laisse autant à désirer alors que nous les avons vu dans d'autres films ou séries s'en sortir tout à fait honorablement. À l'image de Jake Busey qui surjoue beaucoup et sort quelques répliques terriblement ridicules. Ghost in the Graveyard peine même à mériter réellement sa classification dans l'horreur vu qu'il ne s'y passe finalement pas grand-chose et que l'horreur y est quasi inexistante. On y parle de fantôme, de sorcières, de diables et démons, mais Charlie Comparetto semble ne pas avoir pris la peine de les filmer pour les intégrer à son premier (et dernier ?) long-métrage.

Pastille orange évidente et un besoin grandissant de voir un bon film d'horreur baignant dans la religion prochainement. Nous n'en avons pas encore sous la main, mais finirons bien par en croiser un. Et s'il le faut, nous influencerons notre destin en allant en chercher un par la peau des fesses. Si vous avez des suggestions, n'hésitez pas à nous contacter.

Arflane