Les Lèvres Rouges
de Harry Kümel (1971)
   30 Juin 2020  
Les Lèvres Rouges sur IMDb  

Année : 1971. Origine : la liste ! Promis pour notre article de 1972 (qui sera consacré à La Dernière Maison sur la Gauche) nous tenterons de vous pondre une introduction un peu plus subtile et réfléchie, quelque chose qui met en avant notre immense culture et notre sens de la répartie (ou notre sens de l'orientation, nous n'avons pas encore vraiment décidé). Aujourd'hui nous faisons dans l'extrême simplicité, nous collons une date et un lien, et espérons que vous comprenez tous à quoi nous faisons référence.

Stefan et Valérie viennent de se marier et ils traversent traversent voyage en direction de l'Angleterre où Valérie doit rencontrer la mère de Stefan. Suite à un retard ils se retrouvent coincés pour une nuit sur la côte belge, dans un hôtel désert. Arrive alors la Comtesse Bathory qui tombe immédiatement sous le charme du couple et qui va tout faire pour qu'ils restent un peu plus longtemps en sa compagnie. Une invitation qui ne se refuse pas.

Meilleur film de 1971, Les Lèvres Rouges, est donc une adaptation ou transposition du mythe de la comtesse Bathory au cinema. En 2020 le mythe nous semble connu de tous, mais ce n'était pas forcément le cas en 1971. D'ailleurs, d'après la page Wikipédia consacrée à Élisabeth Báthory, le film du jour n'est que le deuxième à intégrer le personnage dans son intrigue (après Les Vampires de 1957 réalisé par Riccardo Freda et/ou Mario Bava). C'est donc une histoire encore vaguement originale à l'époque, et les spectateurs n'ont pas forcément vu venir tous les rebondissements à l'instant où l'identité de la comtesse est dévoilée. Nous n'allons pas en dire trop ici au cas où vous ne seriez vous-même pas encore familier avec son histoire et son mythe, mais nous avons rencontré le personnage dernièrement dans l'un des épisodes de la saison 2 de la série Mythes et Croyances (article du 26 août 2019), et sommes donc à jour sur les plus infimes détails de sa biographie, fin prêts pour un test ou un quiz à son sujet.

Les Lèvres Rouges est en tout cas un film intéressant, coproduction entre l'Allemagne de l'ouest, la France et la Belgique, et réalisé par Harry Kümel. Avec quelques petits ajouts le film aurait facilement pu devenir un giallo, tant le sujet s'y prête et tant les bases sont déjà présentes. L'intrigue est finalement assez simple mais elle est parsemée de détails qui semblent en élargir la portée. Qui sont les deux personnages principaux, Stefan et Valérie, d'où viennent-ils, comment se sont-ils rencontrés, pourquoi s'être marié ? Où vont-ils exactement et qu'est-ce qui les attend là-bas ? L'arrivée de la comtesse bouscule sérieusement nos attentes et redéfini la suite des événements (un peu comme si Jason Voorhees s'invitait soudain dans une comédie romantique). Et nous aurions peut-être préféré découvrir cet autre film, celui où Stefan et Valérie doivent finalement partir en Angleterre pour y rencontrer la famille de Stefan. Mais c'est une version qu'on ne découvrira jamais car la comtesse n'était pas d'humeur.

L'entrée en matière des Lèvres Rouges est excellente avec ses personnages énigmatiques et sa situation étrange. L'ambiance est très bien amenée et maîtrisée et l'ensemble aurait pu être l'un des tous meilleurs films fantastique des années 1970 (ce qu'il est peut-être de toute façon, notre avis ne valant que ce qu'il vaut), mais la chute de l'intrigue est décevante et plombe quelque peu la fin des débats. Aurions-nous remis une pastille verte aux Lèvres Rouges si la fin avait été meilleure ? Probablement pas (sauf si elle avait été tellement meilleure !), mais cette fin-ci nous conforte dans notre choix d'une pastille jaune. Sympathique film malgré tout, globalement bien interprété (Danielle Ouimet sonne un peu faux par instants), et méritant clairement le coup d'oeil, ne serait-ce que pour se familiariser un peu avec la légende Bathory.

Arflane