Pickaxe
de Jeremy Sumrall (2014)
   11 Juin 2020  
Pickaxe sur IMDb  

Finissons notre semaine en beauté avec un film extrêmement facile à critiquer et à noter, un film qui ne va pas éveiller de remords ou d'inquiétudes dans notre esprit (avons-nous été trop sévère ? ce film méritait-il tout de même une petite pastille jaune ?), et qui va nous permettre de dormir tranquillement sur nos deux oreilles. Un film péché dans la lointaine année 2014 qui s'intitulait initialement The Pick-Axe Murders Part 3 : The Final Chapter, alors qu'il n'y a jamais eu de Part 1 ou de Part 2, c'est vous dire à quel point le réalisateur et scénariste Jeremy Sumrall est bourré d'humour et de talent.

Une petite ville des États-Unis a connue quelques années difficiles suite aux agissements d'Alex Black, un tueur de masse tuant ses victimes à coups de pioche. Mais quelques années se sont écoulées et tout le monde le pense mort et enterré. Un groupe d'adulescents se rendent à un concert dans les environs vont avoir la mauvaise surprise de découvrir qu'il n'en est rien et que le tueur fou a été ramené à la vie suite à un rituel. Que le massacre reprenne !

Autant visionner un film comme Pickaxe est potentiellement douloureux, autant écrire l'article qui lui est consacré est amusant et libérateur. Enfin un film qu'on peut critiquer à outrance sans que quelqu'un puisse remettre notre jugement en question ! Car oui, il est absolument impossible de trouver Pickaxe bon. Impossible d'estimer que les acteurs s'en sortent bien, que le film est bien réaliser, que le mixage est autre chose que calamiteux, et qu'on regrette réellement que les deux premiers films de la fausse franchise qu'est Pickaxe n'aient jamais vu le jour. Autrement dit, nous avons ici un film sur lequel nous pouvons nous défouler.

Sauf que voilà, nous savons également qu'il n'est pas non plus facile de réaliser un bon film et que certaines personnes font plus ça par passion que forcément par talent. Et si Jeremy Sumrall a eu envie de se faire plaisir en réalisant un film, et qu'il a eu la chance et la possibilité de le faire, nous n'allons pas lui cracher dessus parce que le résultat n'est pas à la hauteur de nos attentes. Alors certes nous n'irons pas jusqu'à dire que son film est bon juste par gentillesse, Pickaxe reste un très mauvais film d'horreur qui reçoit une immédiate pastille rouge bien sanglante, mais il n'est pas utile d'être méchant dans notre critique.

À sa place, nous aurions tenté de plancher un peu plus longtemps sur le scénario du film et non d'abuser de nudité et de scènes de sexe ridicules. Jeremy Sumrall s'est peut-être contenté de regarder Hatchet un soir, s'en est fortement inspiré le lendemain pour noter deux ou trois idées sur un bout de papier, il a ensuite appelé un ami possédant une caméra (mais malheureusement pas de micros) pour lui demander s'il avait quelque chose de prévu le weekend suivant. Pas forcément l'approche la plus efficace pour réaliser un bon film d'horreur, mais chacun sa méthode.

Pickaxe est très mauvais car son scénario se résume en deux lignes, la technique est à la rue et l'ensemble fleure bon l'amateurisme total. Un film qu'il vaut mieux voir avec un groupe d'amis qu'on a pas vu depuis longtemps et à qui on a énormément de choses à dire. Car ce n'est définitivement pas Pickaxe qui vous permettra de passer une bonne soirée. Pastille rouge et pas d'autre long-métrage de Jeremy Sumrall en vue ... étrange.

Arflane