Puppet Master vs Demonic Toys
de Ted Nicolaou (2004)
   07 Juillet 2020  
Puppet Master vs Demonic Toys sur IMDb  

Un jour nouveau se lève sur notre franchise préférée et c'est peut-être une bonne chose. Le dernier Puppet Master que nous ayons vu, Puppet Master : The Legacy, a reçu une grosse pastille rouge et il était important (vital même ) de changer un peu de cap, de remettre le compteur à zéro, de repartir sur de bonnes bases ou tout autre vieux proverbe du même type que vous pourriez avoir dans votre escarcelle. Avec Puppet Master vs Demonic Toys, la franchise quitte le giron de Charles Band et de Full Moon Features pour tomber dans celui d'ApolloProScreen Filmproduktion. Autrement dit : un cataclysme.

Robert Toulon, l'arrière petit neveu de Jean-Paul Toulon (???), parvient à reproduire la formule de son ancêtre et à redonner vie aux quatre poupées de celui-ci. Malheureusement, la maléfique Erica Sharpe, directrice des industries Sharpe, est bien décidée à mettre la main sur la formule et les poupées, et à s'associer à un démon sorti des enfers pour dominer le monde.

Peut-on réellement parler de changement de cap dans le cas de Puppet Master vs Demonic Toys ? Le titre nous laissait plutôt penser qu'il s'agissait simplement d'un nouveau crossover entre deux franchises. Nous nous attendions à voir les poupées de Toulon débarquer dans un vieil entrepôt où elles auraient affronté les jouets démoniaques de Demonic Toys. Mais l'intrigue s'apparente en fait plutôt à un nouveau Puppet Master, Robert Toulon, sa fille et les poupées y tenant une place prépondérante par rapport aux trois jouets démoniaques.

Sauf qu'avec cette nouvelle mouture de l'univers Puppet Master, viennent également une série de changements que nous trouvons un peu étranges. Certains sont légers et insignifiants, comme le fait qu'André Toulon ne s'appelle plus André mais soudainement Jean-Paul. Admettons. Mais le pire changement, celui qui rend l'ensemble gentiment ridicule, c'est le ton adopté. Corey Feldman semble affublé d'une perruque, il parle d'une voix artificiellement grave, comme s'il cherchait à se vieillir, et surjoue du début à la fin du film. Mais il n'est pas le seul. Tous les acteurs nous offrent une prestation digne d'un film pour enfant où les réactions doivent être exagérées pour que ceux-ci les perçoivent bien. Mais dans un film d'horreur clairement destiné à un public adulte, l'effet est des plus étranges. On a l'impression d'assister à un film Disney qui se serait égaré en route.

Les effets spéciaux ne sont pas réellement meilleurs que ceux des précédents films de la série, et les poupées ont même perdu quelque peu de leur charme. Cette renaissance des Puppet Master n'est pas une franche réussite dans Puppet Master vs Demonic Toys, et il faudra nous proposer quelque-chose d'autrement plus alléchant dans Puppet Master: Axis of Evil pour nous convaincre. Signalons que la franchise retourne dans l'escarcelle de Full Moon Features dès le prochain film, étrange. Le film du jour, treizième film de la franchise, n'obtient qu'une pastille orange et la présence de Corey Feldman au générique (oui, nous sommes de grands fans de Goonies) n'aura pas suffit à nous faire oublier la dure réalité.

Arflane