Seuls
de David Moreau (2017)
   16 Mars 2020  
Seuls sur IMDb  

David Moreau, un nom qui ne nous est pas inconnu. Metteur en scène de ils en 2006 et du remake de The Eye en 2008 (en tandem avec Xavier Palud à chaque fois), puis réalisateur de 20 ans d’écart, une comédie romantique que nous n’avons pas vu, David Moreau nous revient aujourd’hui (le 8 février 2017 pour être précis, mais nous avons un peu plus de trois ans de retard) pour nous proposer Seuls (qu’il réalise effectivement seul). Retour à l’horreur après son écart humoristique, mais une horreur s’adressant à un publique sensiblement plus jeune.

Leila traverse une période difficile. Son frère, qu’elle aime plus que tout, est dans le coma, et elle est particulièrement tendue. Elle se bagarre avec une autre étudiante, puis passe la journée à la fête foraine pour se changer les idées. Lorsqu’elle se réveille le lendemain, tout a changé. Ses parents ont disparu, les rues sont désertes et Leila déambule dans la ville à la recherche d’une forme de vie. Elle croise la route de quelques autres adolescents mais ils se rendent rapidement compte qu’ils sont seuls au milieu d’une ville désertée.

Comment juger Seuls ? Doit-on le considérer comme un « film pour enfants » (n’y voyez rien de péjoratif) ou comme un film fantastico-horrifique parmi d’autres ? Tous les protagonistes sont adolescents (Stéphane Bak est âgé de 20 ans au moment du tournage) et le film explore donc l’intrigue et ses problématiques de leur point de vue. Leurs raisonnements, actions et réactions peuvent parfois paraître étranges, et déplaire aux adultes aigris que nous sommes. Mais il ne nous est malheureusement pas possible de nous mettre à la place d’un adolescent qui verrait ce film pour le critiquer et le juger comme risque de le faire son public cible, et attendre que notre gremlin grandisse et soit en âge de voir Seuls (en notre compagnie, pas seul) n’a pas vraiment de sens non plus. Il ne nous reste plus qu’à noter le film du mieux que nous le pouvons, en gardant à l’esprit qu’il n’a peut-être pas été conçu pour nous.

En visionnant le film nous avons noté à plusieurs reprises que l’humour y est un peu bancal. Un humour qui tombe régulièrement à plat, incarné essentiellement par le personnage prénommé Yvan, qui met parfois les pieds dans le plat et exhibe son appartenance à un monde différent. De la naïveté et de la simplicité parsème l’ensemble du film, ce qui n’est pas forcément un énorme défaut. Mais les adultes pointilleux et exigeants que nous sommes ont trouvé le temps un peu long et les rebondissements par trop simplistes à notre goût. Les personnages font du surplace (relativement justifié par le contexte), ce qui nuit au rythme de l’intrigue et à son intérêt. Mais nous doutons fort que des enfants (ou des jeunes) visionnant le film, soient forcément du même avis que nous.

Car les protagonistes se font plaisirs dans cette ville désertée. Ils explorent des lieux autrement hors d’atteinte et se font plaisir au moment de choisir un moyen de transport. Un côté forcément très ludique qui nous aurait certainement beaucoup plus à l’adolescence. Les personnages sont confrontés à des situations difficiles comme l’isolement, la disparition de leurs proches, et doivent subitement subvenir à leurs besoins par eux-mêmes. Une véritable aventure !

Nous aurions donc aimé pouvoir remettre une double pastille à Seuls, une jaune pour un public plus jeune (qui ne doit pas fréquenter notre blog très souvent) et une orange destinée aux adultes (qui ne sont pas beaucoup plus nombreux, soyons réalistes). Et c’est donc finalement cette dernière couleur qui trône au sommet de notre article. Nous aimerions revoir David Moreau œuvrer en solo dans l’horreur "adulte" à l’avenir afin de voir de quoi il est capable sans son compère Palud. Il ne nous reste plus qu’à patienter sagement.

Arflane