Le Sixième Sens de Michael Mann (1986)    22 Octobre 2019     

Notre deuxième film de la semaine est lui aussi une évidence vu que nous venons de lire le roman Dragon Rouge de Thomas Harris. Un roman qui a eu droit à deux adaptations cinématographiques au fil des ans, la première en 1986 (le roman date de 1981) réalisée par Michael Mann, et c'est de cette version qu'il est question aujourd'hui. On y trouve donc un psychopathe, fil conducteur de notre semaine, et il se pourrait que vous le trouviez un brin plus inquiétant que celui de The Black House hier.

Will Graham, profiler, a pris sa retraite suite à sa confrontation avec Hannibal Lecter. Mais un tueur en série est à l'oeuvre et Jack Crawford, un agent du FBI, a besoin de son aide pour l'attraper au plus vite. Graham accepte de reprendre du service et se lance à la poursuite de celui que la presse surnomme "the tooth fairy" avant qu'il ne fasse de nouvelles victimes.

Dragon Rouge est le premier roman de Thomas Harris dans l'univers d'Hannibal Lecter. Dans ce roman, il n'est finalement pas vraiment question du docteur gourmet, il y apparait mais n'est qu'un personnage secondaire, mais bien d'un enquêteur du FBI, Will Graham, qui va mettre ses capacités cognitives et son empathie au service d'une chasse à l'homme. Le psychopathe est évidemment tout désigné, il s'agit du tueur en série qui sévit et a déjà fait quelques victimes. Dragon Rouge, qui est devenu Le Sixième Sens au moment de passer au cinéma en français et Manhunter en anglais (là où la deuxième adaptation ciné, celle de 2002 réalisée par Bret Ratner, a bien pour titre Dragon Rouge et Red Dragon, allez comprendre), est donc plus un polar qu'un film d'horreur, mais, pour le coup, bien classé en crime, horror et mystery sur IMDB.

Ayant lu le roman juste avant, nous pouvons bien juger de la qualité de l'adaptation, et Thomas Mann s'en sort plutôt bien. Il n'est pas extrêmement fidèle aux détails du livres, mais il garde les grandes lignes directrices et tente même de rendre l'ensemble plus cinématographique. Car le roman, même s'il est très bien écrit et qu'il se lit facilement, ne déborde pas vraiment d'action et une adaptation trop fidèle aurait pu manquer d'intérêt au cinéma. Thomas Mann passe sous silence les éléments concernant le passé du tueur, simplifie la vie de Graham et modifie une partie du déroulement de l'enquête. Les fans du roman lui en voudront peut-être un peu, mais d'un point de vue cinématographique, la plupart des changements opérés ont un sens.

Reste donc à juger du travail de chacun, à commencer par les acteurs. Le casting est bon, mené par un William Petersen en grande forme (vous le connaissez certainement mieux pour son rôle de Gil Grissom dans la série Les Experts) et un Tom Noonan collant plutôt bien au personnage du tueur (même si Mann n'a pas repris les éléments concernant son physique). La réalisation de Michael Mann est dynamique et soignée, rien à y redire. Difficile de trouver de gros défauts à Le Sixième Sens, si ce n'est que le rythme est relativement lent, que l'action s'y fait rare et que l'horreur aurait pu être plus marquée. Nous lui remettons une pastille jaune et tendons immédiatement la main à notre prochain psychopathe.

Arflane