Without Name
de Lorcan Finnegan (2016)
   16 Juin 2020  
Without Name sur IMDb  

Nous l'avions croisé au détour d'un Vivarium, et nous nous étions dit qu'il serait intéressant de nous pencher sur Without Name, son premier long-métrage horrifique. Nous parlons de Lorcan Finnegan, le réalisateur des deux films cités, un homme qu'il va falloir garder à l'oeil pour être en mesure de décider une bonne fois pour toute s'il s'agit d'un bon ou d'un mauvais réalisateur. Mais pour le moment, préparez-vous pour une plongée dans une forêt irlandaise un peu particulière.

Eric est arpenteur-géomètre et il a été engagé par un promoteur pour mesurer une ancienne forêt. Le travail est considérable et nécessite qu'Eric reste éloigné de sa femme et de son fils de longs jours. Sa relation de couple bat gentiment de l'aile et ce séjour tombe mal. Rejoint par une collègue, Olivia, il se lance dans l'exploration de la forêt et ne tarde pas à se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond dans le coin.

Lorcan Finnegan est irlandais, son nom nous l'avait déjà appris, et son premier long-métrage a tout naturellement été tourné là-bas (avant qu'il ne se fasse débaucher par Hollywood apparemment). Et qui dit Irlande, dit forcément bière, leprechaun et la couleur verte. Dans le cas de Without Name nous n'avons malheureusement pas droit à un leprechaun, mais le héros boit bien une bière et il se promène dans une forêt forcément relativement verte. Le cahier des charges et respecté aux deux tiers, ce qui est déjà pas mal. Mais sortons désormais des clichés pour voir plus en détail ce que vaut Without Name.

Comme beaucoup de premiers longs-métrages, il repose sur peu de personnages, des décors réels et donc terriblement gratuits, et une idée de base assez simple. Ce n'est pas toujours ce que les spectateurs avides de sensations fortes ont envie de voir, mais pour un réalisateur débutant, c'est clairement plus accessible et moins stressant. Lorsqu'on a peu de choses à montrer on a tendance à ralentir le rythme et à miser sur l'ambiance. Et de ce point de vue, Finnegan est parvenu à ses fins. Cette forêt irlandaise prend rapidement vie, devient inquiétante et semble renfermer toutes sortes de mystères et de créatures. Si on ajoute à cela quelques personnages dont on ne peut s'empêcher de se méfier, et vous avez un véritable films mystérieux et prenant devant vous.

Mais on ne peut pas baigner dans le mystère pendant tout le film, il faut que l'intrigue reprenne ses droits et vienne conclure tout ça. Et c'est sûrement là que certains d'entre nous pourraient être déçus avec Without Name. Car la simplicité reprend alors ses droits et la conclusion n'atteint pas des sommets d'horreur et de fantastique. Mais d'autres trouveront au contraire, qu'un peu de simplicité et de retour à la réalité ne fait pas de mal et qu'un film fantastique peut aussi avoir pour missions de parler de la vie réelle en amplifiant simplement certains aspects, certaines facettes.

Without Name est bien interprété, parvient à nous tenir dans le doute et le mystère pendant longtemps et à nous raconter une histoire de bout en bout sans qu'on ait l'impression d'avoir déjà vu quarante fois ce film par le passé. Pour un premier long-métrage c'est déjà excellent, et pour toutes ces raisons nous lui remettons une pastille jaune. Lorcan Finnegan nous a proposé un premier film intriguant, un deuxième mystérieux et quelque peu frustrant (Vivarium), et il ne reste que son troisième, pas encore annoncé, pour venir mettre de l'ordre dans tout ça.

Arflane